Rompre avec le passé

Un bain de foule comme celui de mercredi... (Sean Kilpatrick, PC)

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Un bain de foule comme celui de mercredi aurait été impensable sous Stephen Harper, où tout était étroitement contrôlé.

Sean Kilpatrick, PC

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ÉDITORIAL / Justin Trudeau s'est fait élire avec un programme de renouveau et cela s'est assurément reflété avec son cabinet dévoilé mercredi à Rideau Hall.

Sur la forme plutôt que le fond, la cassure a été assez nette.

D'abord l'amorce de cérémonie d'assermentation avec tous les membres du nouveau cabinet arrivant ensemble en autobus jusqu'à la porte du domaine du gouverneur général, puis marchant tous ensemble jusqu'à l'austère résidence... sous l'oeil ravi de quelque 2500 Canadiens ordinaires qui avaient accepté l'invitation du nouveau gouvernement d'assister à la cérémonie dans les jardins de Rideau Hall.

Cela rappelait un peu le bain de foule que le président des États-Unis Barack Obama avait pris à sa propre assermentation, en janvier 2009. Un tel bain de foule par le premier ministre aurait été impensable sous Stephen Harper, où tout était étroitement contrôlé.

Plus tard, M. Trudeau a répondu à une dizaine de questions de journalistes; un autre bris avec les pratiques de la dernière décennie. Les questions étaient limitées à quelques-unes, et choisies en plus. À un moment donné, Trudeau fils a envoyé une petite flèche à son prédécesseur. Pressé de fournir des détails sur la manière que son gouvernement tiendrait sa parole d'accueillir 25 000 réfugiés syriens, il a lancé: «Il faudra s'habituer à un petit ajustement, à un gouvernement par le cabinet. Nous discuterons des diverses solutions entre nous et nous respecterons notre engagement.» Il faisait évidemment référence à la concentration du pouvoir entre les mains de M. Harper et de son ultrapuissant Bureau du premier ministre.

Cette attitude est évidemment rafraîchissante. Dans la région de la capitale, où le gouvernement et la fonction publique sont omniprésents, plusieurs ont témoigné qu'avec le nouveau gouvernement, c'était comme si une chape de plomb avait glissé des épaules collectives de la nation pour redonner un peu d'air frais à tout le monde.

Évidemment, les choses ne pourront qu'aller plus mal à partir d'aujourd'hui. C'est déjà le début de la fin de la lune de miel. Les décisions que ce gouvernement libéral commencera à prendre seront analysées, critiquées, taillées en pièces. À partir du prochain sommet sur les changements climatiques, dans un mois à Paris, puis les dossiers les plus pressants: les réfugiés syriens, une baisse d'impôt pour la classe moyenne, le plafond des contributions au CELI, l'aide médicale à mourir, la réponse juridique à la prostitution, etc.

Localement, l'importance de la capitale au sein du cabinet en a pris un coup. Depuis Jean Chrétien, Ottawa-Gatineau était assez bien représentée au sein du conseil des ministres avec des poids lourds comme Lawrence Cannon, John Baird, Don Boudria, John Manley, Marcel Massé, etc. Aujourd'hui, il n'y a plus que Catherine McKenna, députée d'Ottawa-Centre et nouvelle ministre de l'Environnement et du Changement climatique.

Andrew Leslie, député d'Orléans et ex-chef d'état-major de l'armée de terre, que plusieurs considéraient comme un coup sûr pour le cabinet, aura été laissé de côté. Étonnant.

Les francophones hors Québec, par contre, ont toujours un représentant: Dominic LeBlanc, qui reprend le flambeau des Bernard Valcourt, Diane Marleau, Ronald Duhamel et autre Jean-Jacques Blais. M. LeBlanc étant un proche de M. Trudeau, il faut espérer qu'il saura garder bien haut les enjeux des populations minoritaires - notamment la suite de la Feuille de route, le financement de Radio-Canada en région, les politiques d'immigration, etc. Et que dire d'Ottawa, capitale bilingue?

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