Lutter contre la congestion

ÉDITORIAL / Encore faire payer les Canadiens? Sérieux? Le... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Etienne Ranger, Archives LeDroit

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ÉDITORIAL / Encore faire payer les Canadiens? Sérieux? Le fardeau des finances publiques n'est-il pas suffisamment lourd sans considérer une nouvelle manière de rajouter une autre facture?

Oui, oui, oui.

Mais pas tout le monde.

Pour lutter contre la congestion dans les villes canadiennes, un think tank affilié à l'Université McGill, à Montréal, propose la tarification sur les routes. Payer pour traverser les ponts, payer pour utiliser des voies rapides, payer pour entrer dans des zones urbaines: l'éventail de mesures est vaste et elles méritent au moins d'être étudiées sérieusement.

En ce sens, le maire d'Ottawa, Jim Watson, fait erreur en rejetant d'emblée d'y jeter un coup d'oeil.

Cela se comprend, il est guidé avant tout par son sens politique. Il n'embrasse aucune cause qui ne réunisse déjà un vaste ensemble de contribuables. Il est un politicien que l'on pourrait qualifier de frileux au plan des idées - rappelons-nous qu'il n'était pas un grand supporter du train léger au début de la campagne à la mairie de 2010.

M. Watson rejette donc l'idée de tarifer les transports parce qu'elle est politiquement impopulaire. Les Ottaviens, comme les Canadiens en général, ne sont pas chauds à l'idée de voir leur fardeau fiscal s'alourdir encore.

Pourtant, Ottawa a ses problèmes de flux de circulation. L'absence d'une route de contournement a concentré un énorme flot de véhicules et de camions sur l'autoroute Queensway et au centre-ville. Cela est encore plus vrai pour le transport interprovincial vers Gatineau et l'Outaouais. La congestion routière à Ottawa et Gatineau n'équivaut sans doute pas à celles des plus grandes villes du pays comme Montréal, Toronto et Vancouver, mais il existe de réels bouchons à certaines heures du jour et sur certains tronçons bien précis. (Un palmarès réalisé par un fabricant de GPS avait même conclu, l'an dernier, que la circulation à Ottawa était pire que Montréal.) Le portrait est identique à Gatineau.

Jusqu'ici, les autorités concernées n'ont mis de l'avant que certaines mesures d'allégement de la circulation. Habituellement toujours les mêmes: plus de transport en commun, de meilleures pistes cyclables, l'encouragement au télétravail, des heures de travail flexibles, etc.

Ceux qui ont moins de préoccupations environnementales suggèrent plus de routes, un pont de plus enjambant la rivière des Outaouais... ou deux!

Les résultats des premières mesures ont été mitigés. Pour les secondes, disons qu'un pont a été remballé dans les cartons pour quelques années encore. Quant aux nouvelles routes, elles se congestionnent au fur et à mesure qu'elles sont complétées.

Pour l'amélioration de la qualité de vie dans la région de la capitale, il faut regarder au-delà des solutions qui ont été envisagées jusqu'ici. De grandes métropoles mondiales ont adopté des moyens drastiques qu'il ne faut pas avoir peur de considérer nous aussi. Cela ne veut pas dire qu'elles seront mises en vigueur. Certaines seraient difficiles à mettre en place, comme les centre-villes payants, ou l'accès interdit aux plaques paires/impaires certains jours dans certaines zones. Mais elles fonctionnent. Et elles ciblent les utilisateurs-payeurs, et pas tous les contribuables.

La population croît inexorablement. Nous ne pouvons ajouter des infrastructures routières de manière infinie. Observer les solutions d'ailleurs et évaluer leur faisabilité chez nous fera de nos villes des gouvernements plus intelligents. Il nous reste encore du temps avant d'avoir à décider.

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