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La région et le cabinet Trudeau

ÉDITORIAL/ Justin Trudeau dévoilera son cabinet demain. Avec... (Adrian Wyld, La Presse Canadienne)

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Adrian Wyld, La Presse Canadienne

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ÉDITORIAL/ Justin Trudeau dévoilera son cabinet demain. Avec 184 députés, le nouveau premier ministre aura l'embarras du choix. Depuis plusieurs jours, les analystes répètent qu'il y aura plus d'élus déçus que de ministres.

Évidemment, il est un heureux problème que d'avoir l'embarras du choix. Cela devrait assurer un cabinet solide et talentueux, et travailleur parce que chacun devrait être sur ses gardes car il pourrait être remplacé à pied levé par une personne tout aussi douée.

La sélection des ministres suit une logique complexe. Le cabinet doit compter des représentants de toutes les régions du Canada - à défaut de toutes les provinces -, des deux grands groupes linguistiques et de plusieurs origines ethniques. Des gens d'expérience et des nouveaux visages, des gens de plusieurs secteurs de la société: affaires, communautaire, santé, justice, etc. M. Trudeau a aussi haussé le coefficient de difficulté en s'imposant une parité hommes-femmes.

Les élus libéraux de région de la capitale représentent un microcosme assez représentatif de la députation des quatre coins du pays. Et ici aussi, plusieurs députés qui semblent posséder bien des atouts pour se joindre au cabinet devront patienter sur les lignes de côté. Dans certains cas, ce ne sera que partie remise, d'autres y feront leur carrière.

Toutes les rumeurs avancent qu'il n'y a qu'un seul choix virtuellement assuré pour le cabinet: Andrew Leslie, le nouveau député d'Orléans, ex-commandant-en-chef des Forces armées canadiennes et conseiller de M. Trudeau sur les questions militaires. Il était l'une des vedettes de l'équipe libérale et il jouera certainement un rôle dans le prochain Parlement. Comme ministre de la Défense nationale, peut-on conclure? Ce serait prématuré. Au Québec, les médecins qui se sont succédé comme ministres de la Santé n'ont pas nécessairement mieux performé. Parfois, les fameuses «compétences transversales» outillent les gens à relever d'autres défis que ceux auxquels on les destine naturellement...

Tous les autres élus de la région d'Ottawa-Gatineau, aussi longue soit leur expérience comme David McGuinty et Mauril Bélanger, aussi brillante soit leur feuille de route comme Stephen MacKinnon, William Amos, Greg Fergus ou Katherine McKenna, risquent de se trouver le bec à l'eau.

En fait, du lot, seule Mme McKenna pourrait être récompensée. La raison? Une question bassement sexiste: M. Trudeau pourrait se tourner vers la tombeuse de Paul Dewar dans Ottawa-Centre pour compléter son équipe de 13 ou 14 ministres féminines.

Au Québec, on dit la même chose à propos de Mélanie Joly, l'ex-candidate défaite à la mairie de Montréal.

En fait, il reste peut-être une autre récompense. Mais il n'y a que les acteurs chevronnés de la Colline parlementaire qui y songent: le siège de président de la Chambre, celui qui notamment dirige les débats à la période de questions. Le nom de M. Bélanger, qui compte 20 ans de vécu parlementaire et n'a jamais été hyper-partisan, pourrait assurer un autre poste de prestige pour la région.

Tout cet exercice politique semblera très hermétique. Mais comme le repêchage dans le sport, le choix d'un espoir plutôt qu'un autre pourrait être lourd de sens. Des scandales secoueront nécessairement le prochain gouvernement et certains choix de Justin Trudeau lui donneront des cheveux gris dans un an ou deux. Assuré!

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