Ça déborde déjà

Justin Trudeau a beau ne pas être tout... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Justin Trudeau a beau ne pas être tout seul dans la barque, la responsabilité ultime repose sur ses épaules.

Etienne Ranger, LeDroit

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ÉDITORIAL/ Justin Trudeau a été élu premier ministre du Canada il y a trois jours à peine et déjà sa liste de tâches s'alourdit à vue d'oeil. Il est facile de se laisser absorber par tout le quotidien des responsabilités d'un chef d'État et perdre de vue les raisons pour lesquelles les Canadiens l'ont largement plébiscité.

En ce sens, sa jeunesse toute relative, son énergie et l'enthousiasme du débutant compensera pour l'inexpérience de M. Trudeau. Il aura besoin de tout cela pour reprendre son souffle sans pour autant profiter de repos au terme d'une campagne qui s'est étirée sur 78 jours.

Il a beau ne pas être tout seul dans la barque, la responsabilité ultime repose sur ses épaules. Et tout revient à une question de priorités à hiérarchiser entre celles qui sont urgentes, celles qui le sont moins, celles qui peuvent être confiées à d'autres de manière à garder l'oeil sur la direction générale de l'État. Le Canada sort d'une décennie sous un Stephen Harper qui avait la réputation de faire de la micro-gestion. Le réflexe pourrait être d'aller à l'opposé et de distribuer de larges mandats aux gens qui l'entoureront, à la fois au cabinet et au sein du personnel politique qui travaillera à l'édifice Langevin et dans tous les ministères et agences fédérales. C'est ce que M. Trudeau a laissé entendre.

La première tâche est évidemment de s'entourer de cette équipe fiable et solide, un processus empreint d'écueils, selon ce que nous enseigne l'histoire. Ce sont des emplois éreintants, aux pressions et horaires incessants.

Les deux prochaines semaines serviront aussi à nommer les membres de son premier cabinet. M. Trudeau a déjà fixé la date du 4 novembre pour l'assermentation qui aura lieu chez le gouverneur général. Pourquoi ne pas se donner plus de temps? C'est que la semaine suivante, le premier ministre doit participer à deux sommets internationaux, le G20 en Turquie et celui de l'Association Asie-Pacifique, aux Philippines. La semaine suivante, il sera attendu à un sommet des pays du Commonwealth, sur l'île de Malte, juste avant le très important sommet sur le climat à Paris, début décembre.

Parallèlement, le temps pressera en sol canadien aussi. Il appert que la Chambre des communes siégera avant Noël; les députés élus ont hâte de se mettre à l'ouvrage. Ils sont pressés de réaliser un premier engagement électoral, comme celui de réduire les impôts pour la classe moyenne, ce que devrait dire le discours du Trône. Il faudra aussi prendre une décision avant le 31 décembre quant au plafond des Comptes d'épargne libres d'impôt, sinon des millions de dollars échapperont à l'impôt.

La Cour suprême a par ailleurs imposé deux dates butoir cruciales: une sur un nouveau projet de loi sur la prostitution, l'autre sur l'aide médicale à mourir.

Le premier ministre doit aussi regarnir le Sénat pour s'assurer que ses projets de loi passeront à la Chambre haute. Cela doit être confié à un panel d'experts mais tous seront sûrs que le souvenir de Mike Duffy et autres Pamela Wallin occupera les pensées de tous.

Et l'économie dans tout cela? Il ne suffit pas d'avoir espoir que le prix du pétrole remonte et que les exportations regarnissent les carnets de commande et créent de l'emploi. Ça ne se fera pas tout seul... tout comme le budget qui ne s'équilibrera pas tout seul, même si les libéraux se sont donnés trois ans pour le faire!

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