D'une vague à une autre

En 2011, le Canada s'est surpris de la... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

En 2011, le Canada s'est surpris de la force de la vague orange derrière le sympathique Jack Layton. D'une vague orange, le Canada est donc passé à une vague rouge en 2015.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

ÉDITORIAL/ D'une vague orange à une vague rouge.

L'ampleur de la victoire de l'équipe de Justin Trudeau aura surpris même les stratèges libéraux les plus optimistes.

Les sondages du dernier mois laissaient entrevoir une victoire minoritaire des libéraux. Mais rien de cette ampleur.

En 2011, le Canada s'est surpris de la force de la vague orange derrière le sympathique Jack Layton. Le Québec démontrait une fois de plus qu'il aimait voter tout d'un bloc: il l'a montré une autre fois en se détournant cette fois du Nouveau Parti démocratique et en se rangeant derrière le Parti libéral pour la première fois depuis 1993.

D'une vague orange, le Canada est donc passé à une vague rouge.

Ce sont les provinces de l'Atlantique qui ont parti le bal en appuyant massivement les libéraux dès les premiers moments de la soirée électorale.

Cette vague rouge est avant tout à l'honneur de Justin Trudeau, et à la campagne qu'il a menée au cours de ces 78 jours qui devaient offrir autant d'occasions de trébucher, si l'on en croyait les prévisions des conservateurs. 

Au contraire, au lieu de s'enfarger dans ses mots, de dire des inepties et de prouver qu'il n'était «juste pas prêt», il a émergé de l'ombre de son illustre père.

Il a mené une campagne exemplaire et a étonné en tenant son bout lors des cinq débats, même celui sur les affaires extérieures.

Il restait au Parti libéral de faire sortir son vote avec une organisation qui n'était plus ce qu'elle avait été à l'époque de Jean Chrétien. Ce qu'elle a réussi; une vague se soucie moins des machines électorales.

Même dans la région d'Ottawa-Gatineau, les libéraux ont eu des raisons de célébrer comme dans le reste du pays. Le conservateur Pierre Poilièvre a survécu mais des figures connues comme Françoise Boivin, Nycole Turmel, Pierre Lemieux et Royal Galipeau ont dû s'avouer vaincues.

Les libéraux ont maintenant le champ libre. Comme le Québec et l'Ontario qui ont aussi élu des gouvernements libéraux majoritaires l'an passé.

Les attentes seront énormes à l'endroit du gouvernement de Justin Trudeau. Trop fortes même.

Il demeure un chef jeune et inexpérimenté, avec une équipe modérément prête derrière lui.

La volonté de changement exprimée par la population canadienne a été si forte hier qu'un peu partout au pays, les gens formuleront des souhaits et des attentes pour définitivement tourner la page sur les années conservatrices de Stephen Harper.

Certains voudront une politique étrangère plus humanitaire et moins guerrière. D'autres espéreront que le plan d'infrastructures des libéraux vire rapidement de bord une économie canadienne ébranlée. Quelques-uns aimeraient voir un Parlement virer de bord des mesures partisanes que les conservateurs avaient mises de l'avant pour plaire à divers groupes d'électeurs, comme la Prestation universelle pour la garde d'enfants.

Le nouveau gouvernement libéral ne pourra tout faire dès la première année.

Le Parti libéral devra faire attention. Même s'il aura quatre années devant lui, sa victoire demeure assez fragile. Il n'a pas récolté 40% du vote populaire et si une vague l'a porté au firmament politique, qui dit qu'une autre vague ne pourrait pas s'orchestrer dans quatre ans. Cela paraît bien loin aujourd'hui mais...

Pour le moment, l'heure est à la célébration pour les libéraux avec leur chef Justin Trudeau. La réalité les rattrapera bien vite.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer