Odeur du passé

Le chef libéral savait que Daniel Gagnier, l'un de... (André Pichette, Archives La Presse)

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Le chef libéral savait que Daniel Gagnier, l'un de ses principaux lieutenants politiques, portait deux chapeaux. Il n'aurait pas dû approuver ce double emploi.

André Pichette, Archives La Presse

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ÉDITORIAL/ Justin Trudeau a mené une campagne électorale presque sans faute. Jusqu'à ce que l'histoire de Daniel Gagnier s'ébruite.

Ce n'est vraiment pas la manière d'incarner le renouveau du Parti libéral du Canada que de permettre à son coprésident de campagne de maintenir des liens avec une entreprise aussi controversée que TransCanada Pipelines. C'est elle qui est derrière l'oléoduc Énergie Est, un projet extrêmement controversé de transport de pétrole de l'Alberta jusqu'au Nouveau-Brunswick, via le Québec évidemment.

M. Trudeau savait que l'un de ses principaux lieutenants politiques portait deux chapeaux. Il n'aurait pas dû approuver ce double emploi. M. Gagnier est un organisateur politique hors pair qui a fait ses preuves au Québec et maintenant, au fédéral. Il s'est avéré un rouage essentiel de l'équipe Trudeau. Mais il aurait dû faire un choix dès le départ, et M. Trudeau aurait dû lui signifier cela. Ne pas le faire est une erreur de jugement du chef libéral, là où il doit justement faire ses preuves.

Changement a été un mot-clé de Justin Trudeau tout au long de cette campagne électorale. La présence de M. Gagnier le rend un peu moins crédible.

À deux jours du vote, cette affaire pourrait ne pas avoir le temps de trop nuire à la performance libérale, lundi.

Mais cela va plus loin que le jour de l'élection. Justin Trudeau devra être plus vigilant quant aux antécédents de ses proches et de ses porte-couleurs. 

Sinon, les allégations de copinage du vieux Parti libéral lui feront un tort immense et détruiront son oeuvre de renouveau.

En mode séduction

Harper de passage à En mode Salvail... (Facebook) - image 3.0

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Harper de passage à En mode Salvail

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Stephen Harper peut très bien s'amuser avec Éric Salvail sur le plateau de son émission En mode Salvail pour rejoindre un plus vaste public. Mais le premier ministre sortant a une responsabilité supplémentaire: celui de défendre son bilan, ce qui ne se fait pas dans une émission de variétés.

Le choix de favoriser telle ou telle tribune relève évidemment de la stratégie politique.

Chaque parti évalue ses forces et ses faiblesses et concentre ses efforts dans certains coins du pays et/ou auprès de certains publics d'électeurs.

De la même manière, il relève de la stratégie de se présenter en complet-cravate, en bras de chemise ou en gilet bleu poudre - comme M. Harper en 2011, ou la canne de Jack Layton -, pour dégager une image ou sérieuse ou sympathique ou travailleuse. Tous les chefs de parti se plient à ces campagnes où l'image vaut presqu'autant, sinon plus, que le message.

Le problème n'est donc pas que Stephen Harper ait fait une apparition à En mode Salvail plutôt que le fait qu'il a évité la plupart des tribunes sérieuses qui s'offraient à lui. Il n'a accepté que quelques entrevues à la télévision, à peu près pas d'entrevues de fond des médias.

S'il a défendu son bilan et présenté son plan, cela aura été devant des auditoires choisis, avec de trop rares questions. Il a voulu éviter toute source de dérapage, au prix de moins de démocratie. Cette obsession du contrôle pouvait se comprendre quand il est arrivé au pouvoir en 2006 à la tête d'une équipe peu expérimentée.

Mais cette précaution est devenue une triste habitude chez ce politicien dont la vaste connaissance des dossiers ne justifie pas une telle frilosité. Il s'agit d'un pas en arrière pour notre démocratie.

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