Recyclage

Disons simplement qu'il faut se garder une petite... (Archives, La Presse Canadienne)

Agrandir

Disons simplement qu'il faut se garder une petite gêne avant de sortir les drapeaux et les trompettes pour claironner combien le gouvernement de Philippe Couillard est bon, gentil et visionnaire.

Archives, La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Lancé en grande pompe, vendredi, le Plan d'électrification des transports 2015-2020 n'est que l'appropriation d'un plan similaire proposé par le Parti québécois... qui lui-même avait recyclé celui des libéraux de Jean Charest en 2011.

Bref, cela fera bientôt cinq ans que l'on vogue de mesures en mesures pour réduire l'utilisation du pétrole au Québec mais l'on aura dépensé plus de salive à en parler que l'on aura vraiment économisé de carburant.

Disons simplement qu'il faut se garder une petite gêne avant de sortir les drapeaux et les trompettes pour claironner combien le gouvernement de Philippe Couillard est bon, gentil et visionnaire.

Toutes les coupures et toutes les réformes qu'il a imposées à l'État québécois depuis son élection il y a 18 mois ont profondément bouleversé la vie des gens, et d'autres effets se feront sentir. Les libéraux ont une énorme pente à remonter dans l'opinion publique; heureusement pour eux, ils ont encore deux années et demi pour le faire avant la prochaine élection générale.

Ce Plan d'action fait donc partie des initiatives de ce gouvernement pour remonter dans l'opinion publique en démontrant qu'il sait aussi embrasser des mesures populaires tant pour les Québécois que pour l'environnement.

Certes, ce plan n'équivaut pas à l'invention du bouton à quatre trous. M. Charest avait déposé le premier, en avril 2011, et Pauline Marois en avait repris les grandes lignes en novembre 2013, pendant le bref intermède du Parti québécois.

La dernière mouture du Plan d'électrification des transports reprend les grands éléments des plans précédents. Ce n'est pour le moment qu'une vaste opération de recyclage. Il propose de stimuler l'achat de véhicules hybrides ou électriques, d'aider l'émergence d'industries reliées au transport électrique, et de revoir la réglementation pour ce faire.

Ce troisième objectif sera le plus visible à court terme: les voies réservées sur les routes et autoroutes seront ouvertes aux véhicules hybrides et électriques. Ils seront exemptés de péage sur les ponts et routes.

Le second objectif sera le plus difficile mais le plus porteur d'avenir. Il y a plusieurs organisations, mouvements et entreprises qui misent sur l'électrification des transports. Meilleurs sont les résultats, entre autres au niveau de l'exportation, plus d'emplois seront créés. Pour le moment, ce sont surtout les grands constructeurs automobiles qui nourrissent la recherche à ce chapitre, notamment la Californienne Tesla. Il y a encore beaucoup de place à l'innovation et le Québec peut y jouer un rôle.

Le premier objectif existait déjà depuis quelques années: les Québécois qui achètent un véhicule profitent de rabais allant de 500 $ (hybride) à 8000 $ (électrique). L'objectif d'ajouter 100 000 véhicules moins énergivores d'ici cinq ans - il y en aurait présentement à peine 5000 environ - semble important.

Mais il faut se rappeler qu'il y a 6,2 millions de véhicules sur les routes du Québec. Et que cela coûte 93 millions $ à un état qui coupe allégrement à gauche et à droite. Il aurait eu plus d'impact pour moins cher en taxant les grosses cylindrées et les véhicules de luxe.

Au global, ce sont 420 millions $ que Québec dépensera pour ce plan quinquennal. Et combien en consacrera-t-il pour la phase II du Rapibus, une mesure qui aurait de gros impacts sur des milliers de navetteurs de l'ouest de Gatineau? Pour le moment, rien. Tout ira à Montréal, le centre de l'univers.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer