Enjeux oubliés

Avec une campagne électorale longue de 78 jours, on aurait pu croire que tout... (Archives, La Presse)

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Avec une campagne électorale longue de 78 jours, on aurait pu croire que tout aurait été discuté, ou presque. Pourtant, il reste plusieurs enjeux qui ont été oubliés en 2015.

Rares sont ceux qui croyaient que le niqab occuperait tant d'espace dans l'opinion publique. Idem pour les politiques d'accueil aux réfugiés, un thème mu par le cadavre du petit Aylan Kurdi échoué sur une plage proche de la Syrie de ses parents tentant d'échapper à la terreur.

Ces deux idées, notamment, sont venues subtiliser du temps de débat à une foule d'autres sujets qui avaient autant, ou même plus de résonance auprès des Canadiens. Ces autres sujets varieront selon vos intérêts, votre région, votre niveau d'éducation, votre langue, votre religion, etc. L'ordre dans lequel ils sont présentés ici importe peu.

Mentionnons en premier lieu l'environnement, qui touche tout le monde mais de différentes manières. Il y aurait eu tant à dire pourtant. Le bilan du gouvernement conservateur est l'un des pires au monde à ce chapitre et il avait évidemment tout intérêt à ne pas en parler. Les libéraux non plus, puisque leur inaction au cours de la décennie qui a précédé le régime Harper n'était pas glorieuse non plus. Pourtant, la proximité de la Conférence de Paris, en décembre prochain, aurait justifié que les partis politiques dévoilent leurs intentions quant à la suite à donner au protocole de Kyoto.

Le prochain Parlement devra légiférer en matière de prostitution - voilà une question qui interpelle nos valeurs de tolérance et d'ouverture sur la société que nous voulons. Qui en a parlé?

C'est la même chose pour l'aide médicale à mourir. En février dernier, la Cour suprême a statué qu'il est inconstitutionnel de l'interdire et le prochain gouvernement devra moderniser la loi. Qui a parlé de l'aide aux malades, de leurs droits de disposer de leur vie?

En 2008, des coupures de budget à la culture avaient provoqué un tollé au Québec. Peut-on considérer que la chanson Harperland, qui a fait le tour du pays en août, s'y attaque? Absolument pas.

Si elle s'est attaquée à quelque chose, cette ritournelle anti-gouvernement a plutôt mis en lumière l'intolérance du gouvernement de Stephen Harper face à la science, son auteur-chansonnier étant lui-même un scientifique à l'emploi du ministère de l'Environnement. En sciences sociales, le gouvernement sortant agit comme si tout ce que nous ne savons pas ne nous fait pas mal - comme ce que nous apprend Statistique Canada, par exemple. Et dans les sciences « dures », il semble agir comme si tout ce qui ne se vend pas n'a pas vraiment d'utilité. Mais que proposent les partis d'opposition?

Et la réforme du mode de scrutin que tant prétendent qu'elle mobiliserait davantage la population canadienne? Quand a-t-elle fait manchette pendant les deux derniers mois?

Finissons avec trois thèmes qui devraient être chers aux francophones. D'abord, où est la vision des partis face au Canada, pays de deux langues officielles? Comment appuyer les communautés de langue minoritaire non seulement à survivre, mais dans leur essor? Qu'arrivera-t-il à Radio-Canada? Comment considérer la Loi sur les langues officielles? Et la Feuille de route qui balise les actions du fédéral, comment l'actualiser? Qu'est-ce que le bilinguisme de la capitale pourrait faire pour légitimer les francophones partout au Canada?

De tout cela, 78 jours de campagne électorale n'auront pas suffi. De quoi souhaiter que la prochaine course électorale soit plus longue encore!

 

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