Migrants politiques

Tout autour de Stephen Harper est question de... (Robert Atanasovski, Agence France-Presse)

Agrandir

Tout autour de Stephen Harper est question de calcul politique. Même lorsqu'il est question de l'aide aux réfugiés. C'est bas.

Robert Atanasovski, Agence France-Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Cette campagne électorale, historique par sa longueur, approche de la fin et il reste de moins en moins de temps pour les partis de faire une dernière impression marquante auprès de l'électorat. Stephen Harper a vu la question des migrants syriens revenir dans à l'avant-scène, au cours des dernières heures.

Dans les jours qui ont suivi l'horrible photo du jeune noyé Aylan Kurda, échoué sur une plage d'Europe, M. Harper a eu de la difficulté à faire passer son message. Le petit bonhomme a subitement incarné toute la crise des migrants de la Syrie (et d'ailleurs), incarné ces centaines de milliers d'innocents qui fuient le Proche-Orient et les camps de réfugiés dans l'espoir d'une vie meilleure.

Pendant deux semaines, la place que le Canada était prêt à faire pour accueillir des migrants a été au centre des préoccupations de l'électorat. Jusqu'à ce que l'enjeu du niqab ne vienne subtiliser l'opinion publique.

M. Harper a martelé que le Canada faisait beaucoup pour les migrants syriens, que son gouvernement était à la hauteur de la réputation d'accueil que le pays s'est forgé pendant un siècle. Plusieurs informations semblaient prouver le contraire. Le ministre de l'Immigration, Chris Alexander, a parlé de 2300 réfugiés syriens accueillis entre janvier et septembre 2015 - loin des 800000 que l'Allemagne s'est engagé à recevoir pour diminuer les pressions de cette crise humanitaire.

Personne ne s'attendait à ce que le Canada se rende aussi loin. Mais plusieurs, dont l'ex-général Rick Hillier, ont assuré que le Canada avait les ressources techniques pour accueillir 25000 personnes d'ici la fin de l'année.

Cela a embrouillé le message de M. Harper qui parlait toujours - et parle encore - du grand soin que le Canada doit prendre dans la sélection des réfugiés dans le but d'assurer la sécurité nationale.

De toute évidence, il était très difficile de trouver un juste équilibre entre sécurité et générosité.

Tour récemment, cependant, le Globe & Mail a révélé que l'étude des dossiers des réfugiés a été suspendue, pendant l'été, à la demande du Bureau du premier ministre. Ce que M. Harper a reconnu. Il a soutenu que c'était pour des raisons de sécurité. Déjà, il était hors limite que des employés politiques approuvent l'entrée de tel réfugié et pas un autre: cette tâche incombe aux fonctionnaires de Citoyenneté et Immigration Canada. La sélection des réfugiés n'imcombe pas au personnel politique; les élus ont la responsabilité de dresser les principes directeurs des programmes, pas à se mêler de qui entre et qui reste bloqué sur la plage...

Par la suite, le journaliste Robert Fife, du réseau CTV, a précisé que l'approbation de réfugiés parrainés par des églises ou des groupes communautaires aurait été liée à la capacité du Parti conservateur d'aller chercher des votes au sein de ces organisations. Une église d'une région qui appuie le vote conservateur aurait donc plus de chance que soient acceptés les réfugiés qu'elle parraine qu'une autre qui est située dans une circonscription de l'opposition.

Cela va totalement à l'encontre du principe d'aider les plus démunis, les femmes et les enfants.

La concentration des pouvoirs au Bureau du premier ministre n'est pas une nouvelle donnée. Le phénomène précédait les conservateurs, mais a pris encore plus d'importance dès 2006.

Tout autour de Stephen Harper est question de calcul politique. Même lorsqu'il est question de l'aide aux réfugiés. C'est bas.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer