Pas suffisant

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Après un départ chancelant, la campagne électorale du Parti conservateur gagne en atouts. Hier, l'annonce d'une entente provisoire sur le Partenariat transpacifique donne à Stephen Harper ce qu'il estime être une autre grosse carte dans son jeu.

Il en avait besoin ; il a soutiré tout ce qu'il pouvait soutirer du stérile débat sur le niqab (et sa référence aux valeurs canadiennes). Cet enjeu théorique a pas mal eu raison du Nouveau Parti démocratique qui a vu ses appuis fondre à l'échelle nationale, mais surtout au Québec. Cette question était en train de s'essouffler. Il était illusoire de croire que les Canadiens en discuteraient jusqu'au jour du vote, le 19 octobre.

Il fallait passer à autre chose et ce Partenariat transpacifique tombe à point. Ce sujet tombe en plein dans ce que M. Harper prétend être sa spécialité, l'économie.

Les Canadiens sont profondément divisés sur le parti qui doit former le prochain gouvernement. Nonobstant les derniers sondages qui montrent un NPD affaibli, tous les partis ont flirté autour du 30 % d'appuis. La population se décidera au cours des deux prochaines semaines et les conservateurs martèleront leurs qualités comme jamais.

Le caractère insaisissable de ce Partenariat transpacifique les servira bien. Il prévoit l'allégement de mesures protectionnistes entre 12 pays autour de l'océan Pacifique. Il est très difficile de se faire une idée sur la valeur de ce PTP. Tout le temps des négociations, les conservateurs ont été très vagues sur ce qu'il contient ce qui a provoqué une campagne de frayeur dans les rangs des producteurs de lait, de volaille et d'oeufs qui jouissent depuis 40 ans d'un mécanisme protectionniste.

Hier, il a été annoncé que cette muraille sera légèrement ébréchée, mais comme les Bleus n'avaient pas le mandat d'aller trop loin, Ottawa a prévu 4 milliards $ pour aider les fermes canadiennes à se positionner pour l'avenir. Un semblable flou persiste sur l'industrie de l'automobile. En bout de ligne, toutes les industries d'exportation seront affectées.

On peut être contre ces accords mondiaux qui réécrivent les règles du commerce. Peut-être n'aident-ils que les puissants. Mais ils ne sont pas nouveaux pour autant. Le Canada jouait apparemment sa souveraineté en 1988 avec l'accord sur le libre-échange avec les États-Unis, qui a plus tard inclus le Mexique. Le ciel n'est pas tombé sur la tête de personne. Certes, des entreprises ont déménagé ou fermé leurs portes, entraînant des centaines de milliers d'emplois dans leur sillon. Mais d'autres ont émergé et le Canada a su tirer son épingle du jeu. La population jugera si elle est mieux ou moins bien qu'avant.

M. Harper n'a pas récolté d'appuis avec sa campagne de peur des terroristes. Dorénavant, il passera les deux prochaines semaines à répéter un message d'espoir quant aux effets merveilleux qu'il prévoit que le PTP apportera au Canada.

En prenant les devants, il veut faire oublier ses problèmes avec Mike Duffy, sa gestion des finances publiques, son coeur de pierre dans la crise des migrants syriens et ses affronts à la démocratie.

Est-ce que ce sera suffisant ? Probablement pas pour le porter jusqu'en territoire majoritaire. Parce que ni le Parti libéral ni le NPD ne sont totalement contre le Partenariat transpacifique. Ils l'auraient fait différemment s'ils avaient été au pouvoir, mais l'auraient fait quand même.

Ce que le PTP indique, à tout le moins, c'est que cette campagne électorale finira sur une toute autre note qu'à son début.

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