Un projet mort-né

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Dans une lettre envoyée aux promoteurs de Place des festivals, la CCN réduit considérablement les attentes de l'organisation.

Courtoisie

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Avec sa Place des festivals, Claude Hamelin tentait sans doute de sauver ce qu'il pouvait de son beau projet Destination Gatineau. La Commission de la capitale nationale vient de le tailler en pièces et il n'en reste que des lambeaux.

C'est une gifle assez nette qu'a encaissé le père des Grands feux du Casino du Lac-Leamy, un idéateur dont on ne peut cependant douter de l'amour et de l'intérêt pour l'Outaouais.

Mais voilà, la population de Gatineau a parlé en novembre 2013 et l'administration de Marc Bureau s'est fait montrer la porte. Avec elle le projet Destination Gatineau.

Cela avait été un des éléments clefs de la réélection de M. Bureau en 2009. Accusé de manquer d'idées, ce dernier avait cogné à la porte de M. Hamelin - lui qui n'en tarit jamais - pour voir si Destination Gatineau pourrait s'inscrire dans son programme électoral. Pendant quatre ans, M. Hamelin a jeté les bases de Destination Gatineau, un vaste projet de réfection et d'animation autour du Musée canadien de l'histoire.

L'espoir était alors que le gouvernement fédéral inscrive Destination Gatineau dans son programme d'infrastructures et de célébration de Canada 2017, le 150e anniversaire de la confédération.

Malgré les atouts de Destination Gatineau, rien n'a débloqué.

L'élection d'un nouveau maire en Maxime Pedneaud-Jobin en a pas mal scellé l'issue. Finalement, c'est le projet des Mosaïcultures, importé de Montréal, qui devrait animer Gatineau en 2017.

Avec son parti Action Gatineau, M. Pedneaud-Jobin avait misé contre Destination Gatineau. Il préférait valoriser d'autres sites touristiques aux quatre coins de la ville, et particulièrement le secteur du ruisseau de la Brasserie. On ne se surprendra pas que ce dossier progresse - une étude pour sa coûteuse décontamination a été approuvée en juillet - tandis que Destination Gatineau s'embourbait.

Destination Gatineau n'était plus que l'ombre du projet ambitieux qu'il avait été il y a cinq ans. M. Hamelin semblait s'y être résigné. Avec la conseillère municipale Louise Boudrias - l'ex-présidente de Tourisme Outaouais -, il avait rescapé une partie des plans pour les métamorphoser en Place des festivals.

À ne pas confondre avec Place des peuples, le projet immobilier de deux tours de 35 et 55 étages sur la rue Laurier... situé à deux pas.

Mais cette Place des festivals ne respectait pas certains critères cruciaux de la CCN qui est le propriétaire-gestionnaire des terrains visés par M. Hamelin, notamment le parc Jacques-Cartier.

Bref, il voulait mettre la main sur un parc, en aménager une partie et en assurer l'animation.

Sans préciser au passage qui payerait la facture à hauteur de dizaines de millions.

Sans même un appui de la Ville de Gatineau. (Pas étonnant.)

La CCN n'allait pas transférer sa responsabilité au premier venu qui se pointe avec de jolis croquis d'architecte. Encore moins au secteur privé.

En ce sens, la CCN a correctement joué son rôle de défenseur des intérêts des générations futures pour ce terrain dont la valeur historique n'est peut-être pas aussi cruciale qu'elle le prétend, mais dont la situation géographique est d'une importance stratégique de première importance.

La CCN a parfois été trop molle dans la défense des terres publiques, notamment en fermant les yeux autour du lac Meech, ou à la Ferme expérimentale. On ne lui lancera pas la pierre d'avoir indiqué une virtuelle fin de non-recevoir à cette Place des festivals.

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