Une date charnière

Aujourd'hui, 25 septembre, les Franco-Ontariens célèbrent leur journée. (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

Agrandir

Etienne Ranger, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Aujourd'hui, 25 septembre, les Franco-Ontariens célèbrent leur journée.

Cette date associée à la première levée du drapeau vert et blanc, il y a 40 ans, commence à prendre de l'importance.

Le 25 septembre a trop longtemps passé inaperçu. En 2015, il semble y avoir un éveil pour faire coïncider certaines célébrations. Elles iront plus loin que la levée traditionnelle du drapeau devant des dizaines de lieux, mairies et bureaux gouvernementaux aux quatre coins de la province.

L'une des célébrations les plus significatives de 2015 concerne l'Université d'Ottawa. Elle confirmera aujourd'hui sa désignation partielle en vertu de la Loi sur les services en français de l'Ontario, une étape attendue impatiemment depuis au moins 2007.

Les Franco-Ontariens ont hâte d'en apprendre davantage sur la portée de cette désignation. L'impatience de certains face à cette volonté hésitante, ainsi que le poids démographique minoritaire des francophones à l'Université d'Ottawa, ont contribué à l'émergence d'un mouvement demandant à l'Ontario de créer une université totalement francophone. Du moins dans le sud de la province, l'Université de Hearst étant déjà francophone à 100%, mais toute petite et géographiquement éloignée.

Évidemment, le français subit toujours la menace de la proximité enveloppante de la langue anglaise. Il est très largement minoritaire non seulement en Ontario mais partout en Amérique du nord, sauf au Québec. Mais pour tous ceux qui soutiennent que le français en Ontario est voué à l'échec surgissent des exemples d'un essor. Cette place ne grandit pas assez rapidement au goût de certains, et ils ont raison. Cependant, le mouvement est bien perceptible et un autre exemple probant est cette campagne célébrant le 400e anniversaire de l'arrivée de Samuel de Champlain - et les 400 ans de présence francophone en terre ontarienne.

L'année 2015 a aussi marqué le grand chantier de la salle de théâtre de La Nouvelle Scène, rue King-Edward, à Ottawa, dont l'ouverture est prévue quelques jours après la fin de l'année.

Évidemment, les avancées ne se constatent pas dans tous les domaines.

En 2015, l'élection fédérale ne fait pas encore une place suffisante aux questions franco-ontariennes, et celles de toutes les minorités francophones du pays. Leur survie porte beaucoup sur les épaules du fédéral car ce ne sont pas toutes les provinces qui valorisent leurs communautés francophones comme l'Ontario tente de le faire.

Le seul thème qui retient un peu l'attention des politiciens est le financement de la Société Radio-Canada, un enjeu crucial pour les francophones.

D'autres questions passent inaperçues. Comme Ottawa, capitale bilingue. Ou le financement des journaux et des radios communautaires, malmené par une chute de la publicité gouvernementale. Les lecteurs et les auditeurs risquent de se tourner encore plus vers l'anglais.

Le nouveau réseau UNIS TV, en collaboration avec le Groupe Capitales Médias (propriétaire du quotidien LeDroit), diffusera une émission entièrement consacrée aux questions minoritaires linguistiques pendant la campagne. Pourtant, seuls le néo-démocrate Thomas Mulcair et le bloquiste Gilles Duceppe se sont rendus disponibles.

Trois des cinq chefs de parti n'ont pas cru bon d'offrir 15 minutes de leur temps pour parler de ces enjeux. Tiennent-ils le vote francophone pour acquis? Sont-ils prêts à sacrifier l'appui d'un million de francophones vivant à l'extérieur du Québec? Ce serait fort regrettable si c'était le cas.

Les Ontariens reconnaissent de plus en plus le 25 septembre comme une date charnière pour les francophones. Il n'est pas trop tôt.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer