Le parti de l'espoir?

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Les critiques ont perçu chez les conservateurs de Stephen Harper certains indices d'une baisse d'enthousiasme.

Ryan Remiorz, La Presse Canadienne

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Quel parti saura le mieux incarner l'espoir au cours de cette élection?

Car n'est-ce pas ce à quoi sert une campagne électorale? À choisir le parti et le programme qui inspire les Canadiens dans leur vision de l'avenir?

Il a pu arriver dans l'histoire que des citoyens aient choisi un gouvernement pessimiste. Un gouvernement qui leur annonce que les temps seront durs mais que ce ne devrait être qu'un mauvais moment à passer. Mais c'est difficile. Les gens préfèrent l'espoir à la peur, pour évoquer les derniers mots signés par Jack Layton, en août 2011, lorsqu'il était à l'article d'une mort prématurée.

En 2015, peut-être pour la première fois de l'histoire du pays, trois partis ont une chance légitime de former le prochain gouvernement.

L'émergence du Nouveau Parti démocratique depuis 2011 permet aux Canadiens d'envisager la fin d'un système politique basé sur l'alternance entre deux partis, les conservateurs et les libéraux.

Mais la perspective de la fin de cette ère politique binaire ne signifie pas que tout a changé.

Les élections se classent sous trois catégories. Il y a les élections autour d'un thème, comme celles sur la conscription ou le libre-échange. Il y a les élections centrées sur la probité, comme celle de 2005 où les libéraux traînaient le fardeau du scandale des commandites. Et il y a celles, plus rares, autour de l'espoir.

Celle de 2015 donne tous les indices d'en être justement une sur l'espoir.

Les férus d'histoire pourraient soutenir que plusieurs élections portent sur le bilan d'un gouvernement, ou sur l'usure du pouvoir.

Mais cela s'inscrit plus globalement sous l'entête de l'espoir.

Un gouvernement affichant un bon bilan pourra survivre plus que deux mandats, la «barrière» psychologique reconnue au Québec.

Au Québec, cette usure du pouvoir semble survenir après deux mandats. Huit années environ qui finissent par laisser des traces dans l'entrain et l'enthousiasme du gouvernement sortant.

Les critiques ont perçu chez les conservateurs de Stephen Harper certains indices d'une baisse de l'enthousiasme. Il y a eu le départ inattendu d'une trentaine de députés dont plusieurs ministres comme John Baird, James Moore et Peter MacKay. Il y a l'absence d'un programme électoral novateur, M. Harper martelant que ses adversaires n'ont qu'en tête de hausser les impôts et les taxes, et ainsi démolir les conditions favorables à la création d'emplois par le secteur privé.

En 2008, une campagne autour du mot «espoir» («Hope») a permis l'élection d'un premier président noir aux États-Unis. Le Canada semble être à cette croisée des chemins.

Stephen Harper peut-il incarner cet espoir? La pente sera abrupte. Mais il compte sur son bilan, un clientélisme efficace et une solide base conservatrice.

Ses deux adversaires tentent d'incarner l'espoir d'un Canada meilleur. Les électeurs ne sont pas capables de les départager, tous deux (tous les trois!) sont nez à nez dans les sondages. Aucun n'a encore réussi à émerger de la marge d'erreur.

Chacun compte sur un parti bien implanté partout au pays, chacun propose un plan bien identifiable et différenciable que quiconque saura rapidement comprendre. Ce sera à chacun de pencher du côté du leader, du parti et du plan qu'il favorise. Pour les indécis, il reste le facteur de l'espoir. Un des trois sera-t-il en mesure d'incarner l'espoir des Canadiens?

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