Pas de gagnant

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Normalement, un débat des chefs signalerait l'approche de la date des élections. Mais le vote n'aura lieu que dans un mois et un jour. Cela a enlevé du lustre à ce débat sur l'économie qui, dans d'autres circonstances, aurait pu être marquant.

Quelle impression en restera-t-il lorsque les Canadiens iront dans l'isoloir ?

Bien peu, malheureusement. Les chefs des trois grands partis - Elizabeth May, du Parti vert, n'avait pas été invitée - ont martelé les phrases toutes faites qu'ils répètent depuis le lancement de la campagne, le mois dernier.

Si les Canadiens ont lu les manchettes des journaux ou capté des bribes d'entrevue à la radio ou à la télévision, ils n'auront pas appris grand chose de ce débat de 90 minutes organisé par le quotidien Globe and Mail.

Stephen Harper s'est fait une fois de plus le grand champion des baisses de taxes et d'impôt. Le chef conservateur a accusé ses adversaires de vouloir taxer et imposer les Canadiens de façon « irréfléchie » (reckless), un refrain qu'il répète depuis 2005, à sa première campagne électorale, et qui commence à être usé. Si les électeurs ne sont pas convaincus que ce soit la marche à suivre après toutes ces années, ils ne le seront jamais.

Justement, Justin Trudeau mise sur le fait que les Canadiens sont las de cette ritournelle. Et qu'ils savent bien que l'économie du pays traverse un creux parce que ce sont eux qui en font les frais. Le chef libéral leur soumet qu'un programme d'infrastructures (à hauteur de trois années de déficit d'environ 10 milliards $) peut stimuler l'économie du pays.

Mais pour la première fois, a soutenu Thomas Mulcair, les Canadiens ont avec le Nouveau Parti démocratique une alternative à l'alternance historique entre les conservateurs et les libéraux. Il a parlé avec calme de son programme de mesures sociales et de budget équilibré.

Entre les trois, les Canadiens sont justement torturés dans leur choix, les sondages les plaçant à peu près nez à nez depuis le début de la campagne.

Justin Trudeau était animé, parfois agressif. Il n'a pas été original mais il n'a pas été déclassé comme le prédisaient les publicités négatives des conservateurs. Il a attaqué son rival néo-démocrate, qui le lui a bien rendu. L'un et l'autre croient pouvoir ravir le pouvoir aux Bleus et ils n'ont pas hésité à sortir des thèmes imposés pour se lancer des flèches partisanes. M. Trudeau a parlé des formulaires longs du recensement et M. Mulcair de son réseau de garderies... lorsqu'ils devaient parler de logement.

Voilà le genre d'arguments hors d'ordre qui détourne les Canadiens de la politique parce que trop ouvertement partisan.

Stephen Harper était dans son élément, l'économie, et dans son patelin de Calgary. Il a été égal à lui-même, un peu ennuyeux mais cela offrait un répit aux téléspectateurs devant les excès d'enthousiasme de M. Trudeau.

Ce débat n'aura pas fait de gagnant et réconfortera les gens dans leurs positions, s'ils les ont déjà arrêtées. Pour les autres, il reste au moins deux débats en français et un autre qui doit être bilingue... et quatre autres semaines de campagne d'un bout à l'autre du pays. Il faudra attendre encore un peu pour jauger l'appétit de changement des Canadiens : voudront-ils poursuivre la route conservatrice ou changer de cap ? Nous ne sommes pas plus éclairés aujourd'hui.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer