Un surplus réconfortant

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À n'en point douter, l'annonce que le Canada enregistre un surplus de 1,9 milliard$ en 2014-2015 est une bonne nouvelle pour tous les contribuables.

Évidemment, cela aide le Parti conservateur dans la présente course électorale. Cela s'inscrit exactement dans le message du premier ministre sortant Stephen Harper à l'effet qu'il est un bon gestionnaire. Cela fait oublier un peu les six déficits d'affilée de son gouvernement après la crise financière de 2008.

Mais les contribuables demeurent malgré tout sceptiques parce qu'ils ont depuis longtemps appris que l'on peut faire dire n'importe quoi aux chiffres.

Ils ont aussi raison de l'être car autant Thomas Mulcair et Justin Trudeau ont sauté sur cette nouvelle pour marteler, comme M. Harper l'a fait, qu'ils ont le meilleur plan pour l'avenir du pays.

M. Harper veut poursuivre sa gestion prudente d'une baisse des dépenses de l'État et d'une baisse des impôts et des taxes, M. Mulcair promet un budget équilibré en 2016 tandis que M. Trudeau propose trois déficits «modérés» d'affilée pour stimuler l'économie canadienne avec un programme d'infrastructures.

Alors, comment voir clair devant tout cela?

Rappelons tout d'abord que ce surplus budgétaire pour 2014-2015 est un bilan de ce qui est arrivé dans le passé. Ce n'est pas nécessairement ce qui se passe présentement, ou ce que l'avenir nous réserve.

Les Canadiens décideront, le 19 octobre, quel parti et quel plan ils voudront pour l'avenir.

Entre-temps, ils ont raison d'être perplexes parce qu'ils ont reçu des nouvelles économiques troublantes il y a 15 jours à peine. Comment peut-on avoir de bonnes et de mauvaises nouvelles en même temps?

Statistique Canada avait confirmé, au début du mois, que l'économie canadienne était en récession à la suite de deux trimestres de recul du Produit intérieur brut. Au lieu de croître, l'activité économique s'est comprimée de 0,8% entre janvier et juin 2015. En bonne partie à cause de l'effondrement du prix du pétrole: si les automobilistes sont heureux, les sociétés pétrolières de l'Alberta et de la Saskatchewan ont ralenti leurs activités d'extraction et de prospection, moins vendu de pétrole et mis des travailleurs à pied.

À noter que le Canada est le seul pays du G7 à traverser une récession en 2015. Cela est d'autant plus étonnant que les États-Unis, notre principal partenaire commercial, se retrouvent au début d'un cycle haussier qui devrait normalement entraîner le Canada dans son sillon.

Selon vos allégeances politiques, il faut un coup de barre pour renverser ce mouvement récessionniste, ou il faut faire confiance en l'avenir parce que les statistiques du mois de juin - les plus récentes disponibles - laissent poindre une remontée de l'activité économique. C'est ce qui a donc permis aux trois chefs, il y a 15 jours, de dresser des bilans très différents à partir des mêmes statistiques.

Ces informations contradictoires nourrissent les attaques de MM. Harper, Mulcair et Trudeau les uns pour les autres. Parce que les sondages de l'opinion publique les placent tous à peu près à plus ou moins 30% des intentions de vote. Tant que ce sera ainsi, l'électorat sera très volatil et réagira, comme les chefs, à la moindre nouvelle qui pourrait receler une tendance qui s'inscrira dans leur vision politique.

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