Raffermir l'autorité morale de la CCN

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Sur leurs pratiques démocratiques, les défenseurs de la Commission de la capitale nationale ont le don de se mettre les pieds dans les plats.

C'est encore arrivé lorsque le président Russell Mills a tenté de défendre le fait que les maires d'Ottawa et de Gatineau ne siègent pas à ses côtés.

«Notre mandat est de faire de notre mieux pour représenter 35 millions de Canadiens, a-t-il soutenu, d'un côté. Pour ajouter par la suite que «les maires représentent respectivement 900 000 et 300 000 citoyens.»

Na-na-na-na-na, mon chiffre est plus gros que le tien!, a-t-il eu l'air de dire.

M. Mills devrait faire la part des choses entre le mandat de la CCN et celui des maires, une nuance qui va bien au-delà des chiffres. Les maires Jim Watson, à Ottawa, et Maxime Pedneaud-Jobin, à Gatineau, ne parlent peut-être qu'au nom de 1,2 million de personnes, mais tous sont directement et quotidiennement touchés par les décisions que la CCN prend sans trop nécessairement penser à eux, mais avec son strict mandat en tête. Qu'elle emmerde des milliers d'automobilistes en fermant la rue Gamelin au nom d'une entente vieille de trois décennies ne semble lui causer aucun souci de conscience. Qu'elle s'obstine avec la Ville d'Ottawa sur le tracé du futur train léger - et lui imposer des dépenses supplémentaires - ne lui en donne pas davantage.

La CCN gouverne les terres de la Couronne selon son bon plaisir, et tant pis si ça déplaît aux politiciens locaux. Après tout, quand on a les intérêts de 35 millions de Canadiens en tête, pourquoi s'en faire pour quelques milliers de citoyens du coin qui devraient être reconnaissants de profiter des investissements fédéraux pour embellir la région de la capitale?

Et si M. Mills retranchait de ses 35 millions de Canadiens tous ceux qui n'y ont jamais mis les pieds? Et ceux qui se balancent de quoi Ottawa a l'air?

Pourtant, ce n'est pas la voie qu'il faut prendre ici.

L'objectif n'est pas de diminuer l'autorité morale de chacun, au contraire. Il faut reconnaître et valoriser l'autorité morale de tous. De la CCN, de tous les Canadiens qui devraient être fiers de leur capitale et des efforts déployés pour l'embellir, tout autant que l'autorité morale des gens élus par les populations locales. Et pour être encore plus englobant, ajoutons dans le lot tous les autres partenaires potentiels, incluant le secteur privé, etc.

Les maires ne demandent pas une voix prépondérante à la table des commissaires de la CCN, ni un veto. Simplement une voix parmi plusieurs de manière à amener à cette table une autre perspective que celle des gens de la CCN et des commissaires qui ne passent que quelques jours par an pour participer à leurs réunions.

La position du gouvernement conservateur sur cette question, de fait, étonne. Il martèle constamment l'autorité suprême des élus, qui veut que les sénateurs subissent un test électoral. Il peste contre les juges qui limitent le pouvoir des élus. Mais dans le cas de la CCN, il est parfaitement à l'aise que les commissaires soient tous des nominations du Parti conservateur. Paradoxal, non?

Quiconque sera élu le 19 octobre devrait nommer les maires (ou leurs mandataires) à la CCN. Ça ne révolutionnerait rien, ni ne coûterait quoique ce soit. Il n'y aurait qu'un peu plus d'huile dans le mécanisme de la gouvernance régionale.

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