Répondre à la détresse humaine

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Un enfant meurt à l'autre bout du monde, son corps inanimé échoué sur une plage en Turquie, et le choc se répercute jusque chez nous.

Les Canadiens, comme bien d'autres, ont été bouleversés par cette image, et celles de tous ces gens, de toutes ces familles prêts à prendre tous les risques pour fuir l'enfer de pays déchirés par la guerre.

Sauf pour les gens des Premières Nations, les Canadiens viennent tous d'ailleurs.

Nous avons accueilli des étrangers à chaque fois qu'une crise similaire éclate. Rappelons les récents efforts qui ont été faits auprès des orphelins d'Haïti, des victimes de la guerre en Bosnie et des conflits en Somalie, les boat people du Vietnam, etc. Une exception à cette liste: les émigrés juifs après la Seconde Guerre mondiale.

Il n'a pas toujours été facile d'intégrer tous ces immigrants mais les pays choyés comme le nôtre ont une responsabilité morale à alléger la misère humaine en recevant les réfugiés humanitaires comme la famille du petit Alan Kurdi.

La crise en Syrie, et dans l'Irak voisin, n'est pas nouvelle. Elle s'est accélérée avec le printemps arabe de 2010 lorsque le gouvernement de Bachir Al-Assad n'a pas hésité à tuer sa propre population pour mater la rébellion et se maintenir au pouvoir. Puis la crise s'est envenimée avec l'émergence des groupes armés sous la bannière de l'État islamique qui ont pris le relais de la terreur dans ce coin du monde.

Devant cette crise humanitaire, le Canada s'est engagé à recevoir 10 000 réfugiés sur une période de trois ans. En 2015, nous en aurions accueilli que 2300, dont 1300 depuis six semaines. C'est bien peu.

Pour les Kurdi, l'ironie aura été qu'il y avait des membres de la famille déjà au Canada, et nos lentes mécaniques de traitement des demandes n'ont pu prévenir la tragique mort d'Alan, de son frère Galip, et de leur maman.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2006, le gouvernement de Stephen Harper a peu fait pour réduire les listes d'attente. À sa défense cependant, il a annoncé jeudi que le nombre de réfugiés serait doublé à 20 000. Il faudra réduire les obstacles procéduriers pour que le Canada fasse une part juste d'effort humanitaire, et inviter d'autres gouvernements à faire de même. Trop de pays sont silencieux devant ces appels.

Cette crise humanitaire survient en pleine campagne électorale. La réponse des politiciens sur la catastrophe des Kurdi a été scrutée à la loupe. S'il faut aussi agir sur les causes de ces populations déplacées, le rappel par M. Harper de l'intervention armée contre l'État islamique a mal passé. Froid et distant, la compassion n'est pas son point fort. Par contre, il est plus facile de l'être quand n'est pas au pouvoir comme MM. Thomas Mulcair et Justin Trudeau.

Cela survient aussi au moment où les communautés francophones partout au pays exhortent le gouvernement à favoriser l'immigration pour assurer leur avenir. Il reste bien peu de francophones en Syrie, un pays sous mandat de la France entre 1920 et 1946. Ceux qui restent seraient reçus avec des bras ouverts par les Franco-Canadiens. Comment les identifier? Comment accélérer leur départ des camps de réfugiés en Turquie? Nous examinerons les réponses. Si la population n'a pas oublié au lendemain de la fête du Travail...

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