Ottawa-Vanier, un château-fort?

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Bien au-delà des sondages qui favorisent le Nouveau Parti démocratique à l'échelle nationale, certains événements illustrent que le parti de Thomas Mulcair s'avère l'alternative au gouvernement conservateur, et pas les libéraux.

Il suffit de regarder ce qui est survenu dans la circonscription d'Ottawa-Vanier pour s'apercevoir que quelque chose de sérieux est peut-être en train de se passer sur le terrain. Quatre solides candidats y ont brigué l'investiture néo-démocrate, mardi, et l'avocate Émilie Taman a été couronnée.

Il faut bien comprendre l'histoire de cette circonscription pour y saisir le sens profond de l'intérêt du NPD.

Ottawa-Vanier a été créée entre les deux guerres, en 1933. La première élection y a couronné Eugène Chevrier, en 1935. Un libéral. La tradition venait de démarrer. Depuis, seulement quatre hommes y ont été élus. Tous libéraux, bien sûr. Quand M. Chevrier a été nommé juge, en 1936, Joseph-Albert Pinard a détenu le siège jusqu'en 1945. Jean-Thomas Richard l'a par la suite occupé jusqu'à l'arrivée de Jean-Robert Gauthier, en 1972. Quand ce dernier a été nommé au Sénat, en 1995, Mauril Bélanger a hérité de cette circonscription sûre.

Gagnée d'avance, Ottawa-Vanier? Sauf de rares exceptions, le gagnant a toujours récolté au moins 60 % du vote populaire. Cela s'est poursuivi jusqu'au scandale des commandites; en 2004, M. Bélanger a vu ses appuis chuter sous la barre des 50 %. En soi, ce n'était pas dramatique. Cet ancien proche de Peter Clark avait encore doublé le score de ses adversaires. Mais ce qui n'aurait pu être qu'un accident de parcours s'est confirmé par la suite. Aux élections suivantes, en 2006, 2008 et 2011, sa part des votes a plutôt oscillé autour de 40 %.

Autre phénomène : les libéraux ont toujours été suivis par le vote conservateur. Mais pas en 2011. Pour la première fois de l'histoire, cette année-là, le candidat néo-démocrate, Trevor Haché, a terminé en deuxième position. Et pour confirmer que cette performance était le fruit d'une vague orange, rappelons que M. Haché avait aussi été le candidat NPD en 2008. Éliminons l'hypothèse qu'il ait soudainement paru plus favorable aux quelque 50000 électeurs d'Ottawa-Vanier. Ce n'est que par la grâce qui a soudainement frappé le NPD que M. Haché a brusquement gagné 6000 votes.

En 2015, le portrait a changé. Thomas Mulcair est le nouveau chef depuis le décès de Jack Layton. Sa performance à la Chambre des communes et un certain essoufflement de la part du gouvernement conservateur de Stephen Harper créent même des espoirs dans les circonscriptions autrefois garanties aux autres partis. Même dans Ottawa-Vanier. Et dans ce coin du pays rouge-rouge-rouge, les oranges estiment qu'ils ont des chances. Même qu'on s'est disputé l'investiture du NPD, qui allait précédemment à de solides militants prêts à se sacrifier pour la cause, comme Ric Dagenais, le volontaire à l'abattoir en 2004 et 2006, et dans quelques élections provinciales aussi.

Émilie Taman n'était pas une vedette du NPD mais sa querelle avec le fédéral pour le droit de se présenter aux élections l'a fait connaître. Et lui a même attiré une sympathie certaine. Elle garde sa maman pas très loin non plus, l'ex-juge à la Cour suprême Louise Arbour, aussi active au Tribunal pénal international ainsi qu'aux Nations unies.

L'avance de 5000 votes de Mauril Bélanger semble maintenant bien fragile. Il ne tiendra rien pour acquis mais le NPD est plus fort que jamais. Assez pour renverser des châteaux-forts?

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