Pas verte, Gatineau

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Au chapitre de l'environnement, les belles intentions des gouvernements - comme celles des gens - ne demeurent souvent que cela : de belles intentions... à des lieues de réalisations concrètes. Cela a été le cas à la Ville de Gatineau.

Il a fallu le rapport du vérificateur général de la municipalité pour illustrer ce fossé entre les voeux et la réalité. Pour son sixième rapport annuel, Alain Girard a voulu « déterminer si la Ville de Gatineau s'est dotée d'une démarche structurée » (...) après que le conseil ait adopté un plan de réduction des gaz à effet de serre en 2012.

En bout de ligne, le résultat est catastrophique. Le plan prévoyait que les émissions de GES en 2015 seraient 15 % inférieures à celles de 2009. Il n'y a pas de données actualisées pour cette année mais le vérificateur affirme qu'en 2013, les émissions étaient « supérieures de 19,3 % à celles de 2009 ».

Cette atroce performance vaut la peine d'être répétée : la cible était de - 15 %. La réalité a été + 19,3 %.

Beau travail.

Digne du gouvernement de Stephen Harper.

Mais au moins, dans son cas, tout le monde sait bien qu'il n'en a rien à cirer de la lutte aux changements climatiques. Il a renié la signature du Canada au protocole de Kyoto et clame sur toutes les tribunes qu'il n'est pas question de sacrifier la santé économique du pays pour lutter contre les changements climatiques, un phénomène que bien des conservateurs n'acceptent même pas.

Ce qui n'était certainement pas le cas de Marc Bureau, qui était maire de Gatineau lorsque le plan de réduction des GES a été adopté en 2009.

Ce plan s'est heurté à plusieurs écueils qui vont bien au-delà de la mauvaise volonté. Il y a eu « un roulement de personnel » dans le poste du responsable du suivi du plan de réduction, ralentissant sa mise en oeuvre. Il y a eu des erreurs statistiques dans le calcul même des émissions de GES - une opération qui n'est pas simple.

La Ville de Gatineau n'est pas une grosse pollueuse ; cela n'a rien à voir avec la Société de transport de l'Outaouais, ou avec les grandes industries du Québec.

Mais même là, l'administration municipale avait prévu des dizaines de moyens pour les réduire mais les résultats ont souvent été bien en deçà des espoirs. Les budgets sont déficients, mal dépensés ou moins qu'anticipés. Ou bien la Ville de Gatineau attend de nouvelles subventions de Québec. Et il y a l'inévitable résistance des gens, comme ces fonctionnaires des Travaux publics qui ont vite trouvé comment désactiver les économiseurs d'essence achetés par leurs patrons... Ils sont ni mieux ni pires que les Gatinois qui persistent à arroser leur asphalte !

Bref, quand Gatineau parle de mesures environnementales, c'est le capharnaüm.

Mais il est de bon ton pour un politicien gatinois de clamer sur toutes les tribunes que l'on pense à l'environnement, que l'on prend des mesures pour lutter contre les changements climatiques. La population s'y attend, l'espère même. Il y a un peu d'angélisme dans tout ça, les Gatinois comme les Québécois en général, aiment se dire qu'ils font attention à l'environnement mais c'est un peu beaucoup de la foutaise. Ils ont des pensées vertueuses mais quand ça vient perturber leurs habitudes - pensez au compostage ! -, le réflexe environnemental refroidit pas mal.

Le vérificateur général de Gatineau a remis les pendules à l'heure. Son rapport aura entre autres eu ça de bon.

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