Renversant NPD

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Justin Trudeau a de la difficulté à passer son message au Québec. L'appui aux conservateurs stagne et est toujours concentré dans le centre du Québec. Faute d'alternative, les fédéralistes se rangent en masse dans le camp du Nouveau Parti démocratique.

Le sondage CROP\La Presse, rendu public hier, étonne par l'ampleur de l'avance dont jouissent les troupes de Thomas Mulcair au Québec : à deux mois des élections, ils récoltent 47 % d'appuis, soit presqu'un vote sur deux.

Les libéraux les suivent loin derrière, à 20 %, le Bloc à 16 %, et le Parti conservateur est à 13 %. Le Parti vert ferme la marche à 4 %.

Côté tendance, il n'y a réel mouvement que chez les libéraux (en baisse) et les néo-démocrates (en hausse). Les autres font à peu près du surplace.

Cette performance du NPD n'est pas moins que renversante. Cela signifie que Thomas Mulcair a - jusqu'à ce moment-ci, du moins - réussi à éviter l'effritement du vote orange au Québec. Plusieurs croyaient qu'il aurait de la peine à conserver les appuis que « le bon Jack » Layton avait galvanisés pour l'élection de mai 2011. Son décès prématuré, il y a quatre ans, a placé la barre haute pour quiconque allait lui succéder. Loin de voir la cote du NPD glisser, M. Mulcair a profité de son expérience parlementaire au Québec et de son statut de chef de l'Opposition officielle pour s'illustrer à la période des questions, à la Chambre des communes.

La performance de M. Mulcair a par ailleurs servi à camoufler l'inexpérience de la députation néo-démocrate. Le parti a une dizaine de solides députés qui se sont illustrés à Ottawa mais la vaste majorité de leurs collègues se sont contentés de rôles politiques très discrets. Il était envisageable que les Québécois tournent le dos à ces « poteaux » qui ont été élus en 2011 sans faire campagne.

Ce plus récent sondage semble indiquer que la population ne réagit pas ainsi et serait prête à leur faire confiance une nouvelle fois. Voilà qui est proprement renversant. Et Thomas Mulcair peut en prendre une bonne part du crédit.

Quiconque remportera le Québec aura une bonne chance de former le prochain gouvernement. Jusqu'à ce que les conservateurs de Stephen Harper fassent la preuve du contraire, l'appui de la Belle Province a toujours été considéré essentiel pour gouverner le pays. C'est qu'ils dominaient les Prairies et l'Alberta, tout en récoltant des dizaines de circonscriptions dans les Maritimes, en Ontario et en Colombie-Britannique.

Jusqu'ici, le NPD est en train de prouver que le Québec a encore un rôle crucial à jouer dans l'équation fédérale.

Cela vaut tout autant pour les libéraux. Justin Trudeau doit briser ce plafond de verre qui l'empêche de croître ses appuis au Québec au-delà des libéraux de longue date. Il doit y passer plus de temps : depuis le début de la campagne, il a séjourné que deux jours au Québec, contre six pour M. Mulcair (et deux pour Stephen Harper). M. Trudeau doit charmer les Québécois francophones. Il doit leur démontrer qu'il est différent de son père et que le Québec a une contribution à faire dans l'ensemble du Canada.

Bref, bien du travail pour toute la classe politique d'ici le 19 octobre.

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