Une médiation s'impose

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Malgré plusieurs précautions, le projet domiciliaire Windmill fait ces jours-ci face à un vent de remises en question de la part de plusieurs organisations autochtones. Certaines ne sont pas très sérieuses mais toutes doivent être considérées avec soin, et faire l'objet d'un processus de médiation afin d'éviter un bloquage complet de tout développement des îles Chaudière et Albert.

Depuis lundi, la Commission des affaires municipales de l'Ontario entend les doléances d'un groupe dont fait partie l'architecte mondialement connu Douglas Cardinal. Il conteste le changement de zonage des anciens terrains de l'usine Domtar par la Ville d'Ottawa, à l'automne 2 014. Il allègue qu'il s'agit là de « terres ancestrales » qui doivent être réaménagées en parc.

L'avocat de la Ville d'Ottawa, Me Timothy Marc, a quant à lui plaidé que ces terres ont eu une vocation industrielle depuis 200 ans.

À la fin des audiences, prévues aujourd'hui, la CAMO, un tribunal administratif qui traite de litiges municipaux, devrait prendre quelques mois avant de rendre sa décision. Cela immobilise tout développement sur la partie ontarienne des îles Chaudière et Albert - mais n'a aucun impact sur ceux réalisés du côté québécois.

Hier, quelques autres organisations autochtones ont joint leurs voix aux protestations, dont ceux de Lac-Barrière. Elles soutiennent que ces terres appartiennent aux Algonquins, qu'elles ont été prises illégalement, acquises par le gouvernement du Canada, puis louées à des entrepreneurs pendant des décennies.

Ces arguments ont été entendus plusieurs fois au cours de l'histoire récente de la région d'Ottawa-Gatineau. Plusieurs projets de développement, comme celui de l'ancienne base militaire Rockcliffe, ont été longtemps retardés par les demandes des Premières Nations. Il est vrai que toute la rivière des Outaouais a été arpentée pendant des siècles par les peuples autochtones qui y ont établi des campements sur ses abords les plus accessibles. Des défunts y ont sans doute été inhumés un peu partout entre Fort-Coulonge et Montréal.

Mais cela signifie-t-il que soient déclarées « terres sacrées » tous ces endroits, et que tout développement futur stoppé à tout jamais ? Ce serait illusoire, irréaliste et insensible à tout ce qui s'est également passé à ces endroits depuis 200 ans.

Dans le cas des îles Chaudière et Albert, des générations de travailleurs ont aussi foulé ces sols. Ils ont laissé leur sueur, leur santé et certains, leur vie, dans le but de simplement gagner leur vie. Le gouvernement fédéral n'a pas cru bon de proposer un plan de redéveloppement de l'ancienne usine Domtar lorsque cette dernière y a cessé son exploitation. Il a refusé d'y installer le Musée des sciences et de la technologie, malgré les rêves de certains. Soit. Il a préféré laisser le secteur privé s'en occuper et la société Windmill a présenté un solide projet de développement domiciliaire baptisé Zibi qui marie espaces publics, commerciaux et résidentiels. Il pourrait y avoir jusqu'à 1,2 milliard $ en investissements sur 15 ans. Le cofondateur de Windmill, Jeff Westeinde, a multiplié les mains tendues à des entrepreneurs et à des travailleurs autochtones, ce qui est tout à son honneur.

Mais comme dans toute chose, il est bien difficile de plaire à tout le monde. Des groupes algonquins semblent oublier que l'île Victoria, tout près, jouit d'une certaine reconnaissance du patrimoine autochtone ; faudrait-il en faire plus et tout biffer le projet Windmill ? Non. Après la CAMO, une bonne séance de médiation s'impose. Puis, les travaux devraient se poursuivre.

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