C'est parti!

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le Canada s'en va aux urnes. Quatre ans et cinq mois après l'élection du 2 mai 2011, la population est appelée à choisir son prochain gouvernement, le 19 octobre prochain.

Il n'y aura probablement jamais eu de choix aussi déchirant et incertain de toute l'histoire du pays. N'importe lequel des trois grands partis pourrait former le gouvernement. Le Parti conservateur et le Nouveau Parti démocratique sont nez à nez dans les intentions de vote, et le Parti libéral n'est pas loin derrière.

Rien n'est donc joué. Toute erreur pourrait être coûteuse.

Ce sera la première élection à date fixe au niveau fédéral. Mais en vertu d'une décision surprenante du gouvernement conservateur, ce sera aussi la plus longue campagne électorale de l'histoire. La population commençait à s'habituer à des courses intenses d'une durée de 36 ou 37 jours, reléguant aux oubliettes les 55 à 60 jours de la période de l'après-guerre. Cette fois, la campagne en durera 78 et chevauchera trois mois, s'amorçant au coeur de l'été et n'aboutissant qu'au milieu de l'automne.

L'insensée durée de cette campagne électorale n'est qu'un autre artifice imaginé par le Parti conservateur dans l'espoir de se favoriser ou de nuire à ses adversaires. Plus riche qu'eux, le PC pourra ainsi dépenser davantage, en vertu de nouvelles règles électorales dont personne ne soupçonnait les effets lorsqu'elles ont récemment été adoptées.

À ce moment-ci, impossible de savoir si les électeurs tiendront rigueur aux conservateurs pour cet autre triste tripotage de la démocratie. Rappelez-vous les «in and out», Peter Penashue, «Pierre Poutine», Dean Del Mastro, les règles électorales plus strictes, le sénateur Mike Duffy...

Mais les Canadiens auront des critères bien plus importants sur lesquels baser leur choix. Ils évalueront les partis en fonction des plans d'avenir qu'ils présenteront, et la capacité de chacun de leurs chefs de les réaliser.

Stephen Harper est le plus expérimenté des chefs qui peut prendre le pouvoir. Il défendra un bilan mitigé. Il se croit le meilleur gestionnaire des finances et des intérêts des Canadiens. Mais il a mis huit ans à vaincre un déficit. Il a tout misé l'économie du pays sur les ressources pétrolières et l'effondrement du prix du pétrole est en train de replonger les finances publiques dans l'encre rouge.

Le néo-démocrate Thomas Mulcair et le libéral Justin Trudeau attaqueront ce bilan et la vision conservatrice d'une réduction de la taille et de la mission de l'État. Ces deux recrues auront fort à faire pour devancer le PC. La campagne électorale sera dure, brutale.

M. Mulcair doit reprendre le rythme impressionnant qu'il a imposé à la Chambre des communes pour montrer que le NPD mérite une chance de former le gouvernement pour une première fois.

Quant à M. Trudeau, le cadet en âge et en expérience, il doit fournir la preuve qu'il est prêt à mener son parti et le pays à travers une période économique tumultueuse.

Au-delà des partis, il y a le jeu des régions. Trois sont à surveiller. L'Ontario d'abord, où libéraux et conservateurs lutteront chaudement. Le Québec, où le Bloc tentera de venger son lessivage aux mains du NPD en 2011. M. Mulcair devra y répéter les succès de son prédécesseur Jack Layton. Enfin, l'Alberta, où le NPD provincial a récemment remporté une victoire renversante. Le PC y perd-il sa main haute ou n'était-ce qu'un phénomène isolé?

Aujourd'hui, nous ne savons qu'une chose: c'est parti!

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer