Coup de force

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Un coup de force, voilà!

Un détournement de la finalité de la fonction publique qui est d'être au service du... public!

Alors la Ville de Gatineau n'a qu'une seule chose à faire devant cette requête du promoteur immobilier Brigil, et c'est de promptement la mettre à la poubelle.

Évidemment, du point de vue de Gilles Desjardins et de son équipe, une équipe de fonctionnaires dédiée à ses projets assurerait un traitement efficient de l'énorme travail qu'il exige de la Ville de Gatineau. Il est vrai que comme premier promoteur immobilier de l'Outaouais, avec les 12000 unités que Brigil a dans ses cartons pour les 20 prochaines années, il y a là de quoi tenir occupé plusieurs fonctionnaires municipaux.

Tout irait plus vite, plus rondement, plus efficacement avec des gens qui ont une connaissance pointue des dossiers d'urbanisme et de développement immobilier. Il est plus simple - pour tout le monde! - qu'une même personne s'occupe d'un dossier de sa genèse jusqu'à son achèvement. Cela évite d'avoir à expliquer les mêmes choses à plusieurs personnes plusieurs fois.

Tout cela peut se faire sans aucun bris du code d'éthique des professions impliquées.

Car il nous faut présumer de la bonne foi de toutes les parties.

Mais même en tenant pour acquise la probité de chacun, il est souhaitable de conserver une saine distance entre les promoteurs et le pouvoir public, et les fonctionnaires qui doivent concrétiser les désirs des élus.

Sinon, l'apparence ferait défaut.

Jusqu'à il y a une dizaine d'années, de nombreux contribuables avaient l'impression que les promoteurs immobiliers étaient les vrais décideurs dans les hôtels de ville de l'Outaouais. Ce n'était peut-être pas vrai... mais cela en avait bien l'air. Surtout dans les anciennes villes de Hull et Gatineau.

Certaines aberrations de planification urbaine sont là pour en témoigner. Pourquoi cette rue tourne là et pas plus loin où ce serait plus logique? Pourquoi cette bâtisse industrielle si près d'un quartier résidentiel? Pourquoi ce commerce à cet endroit? Et ce projet immobilier qui ne répond pas à toutes les normes?

Sans tomber dans l'excès réglementaire et les contraintes à n'en plus finir, les gouvernements municipaux ont la responsabilité de pondre des plans d'aménagement réfléchis, et de les respecter par la suite. Quand elles les tordent à gauche et à droite pour accommoder tel ou tel projet de construction, cela donne des villes toutes croches. Et Gatineau a encaissé sa part de commentaires désobligeants dans le passé sans s'exposer à davantage de suspicion.

Gilles Desjardins est un promoteur immobilier d'exception qui a sa région à coeur. Il y croit et il a une ambitieuse vision d'avenir de sa ville. Une ambition qui manque trop dans la région. Il a les ressources financières à la hauteur de sa vision et est prêt à mettre beaucoup sur la table pour y parvenir. Il faut louer son courage.

Mais cela ne signifie pas que tous ses projets doivent se réaliser tel quel, ou que toutes ses idées sont bonnes. Comme celle de compter sur une équipe dédiée de fonctionnaires municipaux n'est pas sa meilleure. Les Gatinois ne doivent pas lui en tenir rigueur cependant.

Chacun a droit à l'erreur. Tournons la page sur ce triste mais éphémère épisode et passons à autre chose.

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