Un petit pas

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Ce ne sera pas une commission d'enquête nationale mais les premiers ministres provinciaux ont au moins convenu de franchir un petit pas dans le dossier des femmes autochtones disparues ou assassinées.

Réunis à Terre-Neuve pour une de leurs rencontres estivales du Conseil de la fédération, les premiers ministres ont convenu de tenir une table ronde sur cette question qui, par l'immobilisme qui l'entoure, finit par irriter pas mal. Il y a des limites à balayer sous le tapis ce scandale comme le fait le gouvernement fédéral qui, doit-on rappeler, a la responsabilité constitutionnelle des relations avec les Premières Nations.

Jusqu'ici, LeDroit a appuyé la position fédérale à l'effet qu'une commission royale d'enquête n'est peut-être pas la meilleure manière de faire la lumière sur la disparition ou l'assassinat de plus de 1000 femmes.

Mais cela n'équivaut pas à endosser de ne rien faire.

L'exemple révélateur de la Commission vérité et réconciliation, qui s'est achevée ce printemps, a fourni matière à réflexion. Créée par le gouvernement conservateur de Stephen Harper en 2008, elle a mis sept longues années à déterrer les secrets d'un siècle de pensionnats autochtones. Ses conclusions ont donné lieu à une grande vague de compassion envers les générations de jeunes des Premières Nations qui y ont subi un génocide culturel, en plus des sévices corporels allant jusqu'à des abus sexuels.

Mais ce même gouvernement Harper persiste à dire non à une commission d'enquête sur les femmes autochtones assassinées ou disparues... sans avoir un quelconque autre mécanisme pour mettre un baume sur cette tragédie humaine.

Craint-il les attaques que le fédéral pourrait subir devant les tribunaux ? Craint-il les investissements que le Canada devrait faire pour donner aux gens des Premières Nations leur dignité d'abord, puis une vraie chance dans la vie, par un meilleur accès à une éducation de qualité, à des soins de santé équivalents à ceux de la population canadienne ? Si c'est cela, il faut plutôt considérer ces dépenses comme des investissements. Car ils apporteront leur lot de bénéfices.

La comparaison sera toujours bancale mais l'Ontario, en dotant les francophones d'institutions de santé et d'éducation, ont fourni aux Franco-Ontariens des outils pour devenir des citoyens à part entière. Cela ne contrecarre pas les effets de l'assimilation mais la reconnaissance fait du bien.

Chez les Premières Nations, les bénéfices ne peuvent qu'être plus grands encore. Entre autres parce qu'ils partent de plus loin.

Au moins, maintenant, les provinces proposent quelque chose. Cette semaine, elles se sont mises d'accord sur un premier mécanisme de concertation, qui aura lieu au Manitoba, vraisemblablement à l'automne.

Il est vrai que pendant ce temps-là, M. Harper sera occupé par les élections fédérales. Mais sur la question autochtone, comme sur les questions fédérales-provinciales, sa politique depuis son élection en 2006 a plutôt été d'ignorer le problème. Sans doute parce qu'il croit qu'il n'a pas de gains politiques à faire auprès des populations autochtones et de leurs alliés. C'est son genre. Il fait des pirouettes pour assister à toutes sortes de célébrations par des communautés ethniques et religieuses. Il a viré la politique étrangère du Canada bout pour bout en se collant sur Israël et sur l'Ukraine. Mais pour 1000 victimes de crimes, il n'est pas prêt à lever le petit doigt. Peut-être que si elles avaient été juives ou ukrainiennes, il aurait trouvé un peu de compassion...

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