Pas mort, le Bloc!

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Lorsque Gilles Duceppe a démissionné de la direction du Bloc québécois, en mai 2011, son sort politique semblait fixé pour de bon. Mais comme un vieux boxeur qui ne sait pas quand accrocher ses gants pour de bon, M. Duceppe a sauté une fois de plus dans l'arène fédérale. Il espère sauver son parti d'une déconfiture contre laquelle le novice Mario Beaulieu ne pouvait de toute évidence rien faire.

Le Bloc a été décimé en 2011. À peine quatre porte-couleurs ont été alors élus sous sa bannière. Une a été expulsée depuis : Maria Mourani, passée au Nouveau Parti démocratique dans la foulée du débat sur la Charte des valeurs québécoises. Deux ont quitté le parti, Jean-François Fortin et André Bellavance. Il ne reste plus que le vétéran Louis Plamondon, maintenant que le transfuge néo-démocrate, Claude Patry, a annoncé son départ de la politique fédérale.

Il est illusoire de croire qu'avec le retour Gilles Duceppe, le Bloc québécois retrouvera la cinquantaine de députés qu'il a eus pendant l'essentiel de sa vie. Entre 1993 et 2008, le Bloc a constamment réussi à attirer entre 10 et 13 % de l'électorat. Il était tombé à 6 % en 2011... et il y est toujours. Les plus récents sondages fédéraux placent le Bloc à 5,5 % à l'échelle nationale.

Mais il faut faire attention de conclure, comme certains l'ont déjà fait, que Gilles Duceppe est un homme du passé et que son retour n'aboutira à rien.

Certes, ses meilleures années sont derrière lui mais l'ascendant qu'il joue toujours auprès d'une partie significative de l'électorat fait en sorte que sa seule présence changera la donne dans la partie québécoise de l'élection fédérale.

Avant son retour, le Bloc récoltait 17,5 % des intentions de vote ; aujourd'hui, il est à 21,5 %. Au cours du dernier mois, le Parti conservateur et le Parti libéral ont fait du surplace. C'est donc dans le camp du NPD que M. Duceppe a puisé sa remontée. Ces 4 % de transferts semblent peut-être anodins parce que le classement des partis n'a pas changé dans les sondages mais au contraire, ils seront cruciaux lors du scrutin du 19 octobre prochain. Ces 4 % représentent des milliers de votes dans l'ensemble des circonscriptions du Québec où se jouera à la fois le sort des libéraux et des néo-démocrates. Tandis que les circonscriptions d'allégeance conservatrice au Québec sont concentrées autour de Québec, les néo-démocrates ne peuvent se permettre de perdre quelques milliers de votes dans chacune des 59 circonscriptions qu'ils avaient remportées en 2011 (ils en détiennent aujourd'hui 57). Dans des courses à trois, ou même à quatre, ces 4 % pourraient signifier l'écart entre la première et la troisième place pour n'importe quel des quatre grandes forces politiques fédérales au Québec.

Voilà pourquoi le retour de Gilles Duceppe revêt une telle importance dans le scrutin de cet automne.

De surcroît, M. Duceppe est un débatteur chevronné qui a une longue expérience des débats des chefs. Dans tous les débats où il sera convié, il sera en mesure de placer n'importe lequel de ses adversaires dans une position difficile.

Tant que l'option bloquiste n'est pas morte au Québec et qu'elle peut compter sur un chef avec un magnétisme certain comme Gilles Duceppe, elle pourrait brouiller les cartes.

(Quatrième et dernier d'une série sur les chefs de parti à l'approche des élections fédérales.)

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