Le pari de Mulcair

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Le Nouveau Parti démocratique a vécu de bouleversantes émotions depuis mai 2011. Et si les sondages de 2015 demeurent sur le même élan jusqu'au 19 octobre, jour des élections fédérales, le NPD pourrait couronner ces quatre années et demie en prenant le pouvoir! Quelle remontée!

Il y a quatre ans, Jack Layton dirigeait son parti avec une bonhomie et une approche sympathique qui lui a valu le sobriquet de «bon Jack».

Pour la première fois de son histoire, il formait l'opposition officielle grâce à un balayage en règle de 59 sièges sur 75 au Québec. Grosso modo, Jack Layton a réussi à ravir la place qu'occupait le Bloc québécois.

Mais trois mois à peine après l'élection, un cancer est venu mettre un point final sur sa carrière qui semblait en plein essor.

Les plus grands doutes planaient alors quant à la capacité du parti de la gauche canadienne de trouver un chef aussi solide que M. Layton, et qui saurait imprimer une direction à une bande de députés recrus qui avaient tout à apprendre.

Simplement dit, Thomas Mulcair a accompli un travail colossal à la tête du NPD. Il a surpassé, et de loin, toutes les attentes qui étaient placées en lui.

Cet ancien ministre du Parti libéral du Québec avait quitté quelques années plus tôt dans un climat tendu. S'il traîne la réputation d'un politicien exigeant et difficile à côtoyer, rien n'en a transpiré en public.

Ce que la population a plutôt vu, c'est un chef décidé et organisé, martelant le gouvernement de questions courtes, simples, intelligibles même pour les néophytes.

Nous n'avions pas vu de telles attaques à la Chambre des communes depuis le «Rat Pack» libéral des années 1980, mais M. Mulcair le fait avec infiniment plus de classe.

Cet interrogatoire en règle a mis les conservateurs de Stephen Harper devant ses propres contradictions et les entourloupettes éthiques avec lesquelles un gouvernement est nécessairement confronté.

Cela a aussi mis en lumière la faiblesse relative de leur adversaire libéral Justin Trudeau, qui n'a jamais vraiment trouvé une occasion de s'illustrer aux Communes.

Au cours des prochains mois, les Canadiens devront décider si le NPD est prêt à passer à l'autre étape, celle de former le prochain gouvernement. Il s'agit du grand, du réel test pour ce parti qui n'a jamais pu, au fédéral, jouer autre chose que le troisième violon.

La prestance de M. Mulcair camoufle bien la faiblesse de son équipe, au-delà d'une dizaine de solides députés à ses côtés.

Si cela n'a pas empêché les Québécois d'élire des dizaines d'inconnus en 2011, les Canadiens sont-ils pour autant prêts à faire de même, et à les porter au pouvoir ? Il est trop tôt pour le dire.

Mais l'exemple de l'Alberta est encourageant pour les néo-démocrates. D'autres provinces avaient eu des gouvernements du NPD, et de bons, mais que la très conservatrice Alberta bascule ainsi vers la gauche relevait du miracle.

Thomas Mulcair et ses troupes se serviront de cet exemple ad nauseam, illustrant que le ciel n'est pas tombé sur la tête au pays de l'or noir, et que le Canada pourra prospérer sous un gouvernement NPD.

Pas une mince tâche, mais il a relevé les autres avec brio depuis 2011...

(Ce texte est le troisième d'une série occasionnelle sur les chefs de parti à l'approche des élections fédérales.)

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