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La querelle publique que se livrent Philippe Couillard et Pierre Karl Péladeau est indigne de politiciens de leur stature.

Un chef d'État et un aspirant chef d'État doivent se montrer à la hauteur de leurs fonctions, au-delà de considérations partisanes ou de propos teintés de sentiments bassement revanchards.

Dans le conflit avec la firme de production télévisuelle Productions J, le gouvernement Couillard donne l'impression de vouloir régler des comptes avec M. Péladeau en prenant pour cible sa future épouse Julie Snyder.

D'un point de vue d'affaires dans le monde de la télévision, il peut être surprenant qu'une firme aussi importante que Productions J ne crée des émissions que pour un seul réseau, TVA... qui appartient à M. Péladeau. Ainsi, Productions J donne totalement l'impression de n'être qu'une filiale de TVA - ce que la politique de crédit d'impôts du gouvernement du Québec proscrit.

Productions J n'aurait pas à se fendre en huit pour proposer des créations à d'autres réseaux. Cela mettrait l'entreprise à l'abri de ce qui semble être une bien inélégante chasse aux sorcières de la part du gouvernement Couillard.

De son côté, Pierre Karl Péladeau fait parfois montre d'une impétuosité que le politicien en lui ferait mieux de tempérer.

Le magnat de la presse qu'il demeure encore semble voir des complots anti-Québecor de la part de La Presse, fleuron de l'empire de la famille Desmarais. Soupçonne-t-il ses adversaires d'affaires de maux qu'on lui a déjà reprochés?

Par ailleurs, son habitude à ne communiquer récemment que par le canal des médias sociaux n'est pas la plus avisée. Cela permet de contrôler ce que l'on dit, bien sûr, mais l'impulsivité qui accompagne ces nouveaux médias est parfois mauvaise conseillère.

La pause estivale fera du bien à l'un et à l'autre. Souhaitons leur. Et souhaitons-le aussi aux Québécois.

Condamnés à s'entendre

Il y a trop d'emplois en jeu, trop de familles dans la balance, et une entreprise trop importante pour la Petite-Nation pour que les Industries Lauzon et le gouvernement du Québec ne fasse pas des pieds et des mains pour s'entendre.

Les questions de régime forestier et d'approvisionnement garanti pour les sociétés privées mènent à un arbitrage complexe dans lequel toutes les parties ont à gagner et tout à perdre.

L'entreprise veut garantir sa ressource à un prix raisonnable et prévisible, qui permettra de maintenir ses canaux de distribution.

Le gouvernement, quant à lui, désire préserver des emplois, surtout dans des régions rurales mono-industrielles. (Ce n'est pas le cas de la Petite-Nation, mais l'importance économique des entreprises Lauzon dans la région est cruciale par rapport à d'autres secteurs économiques.) Québec a aussi comme objectif de créer un climat économique propice mais égalitaire pour toutes les entreprises et pour toutes les régions.

De l'extérieur, il est difficile de dire si la juste allocation de bois aux Industries Lauzon est de 170000m3 par an qu'offrirait Québec, ou les 198000 que l'entreprise convoite.

Ce qui est assuré, c'est que les parties doivent en venir à une entente; il y a trop en jeu pour que chacun adopte une ligne dure qui ferait mal à tous.

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