Des frais cachés

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À n'en point douter, les stationnements des hôpitaux sont devenus pour ces derniers de nouvelles sources de revenus qui compensent en partie les pressions inflationnistes du système de santé.

Au Québec seulement, ces stationnements ont permis de dégager 66 millions$: tous ces sous sont autant d'argent que les malades et leurs familles paient allégrement - quoique pas avec le sourire -, alors que le gouvernement ne réussit pas à limiter les augmentations des coûts du réseau. Constamment à court de sous, les dirigeants du réseau de la santé tentent tout ce qui est en leur pouvoir pour réduire l'impact des coupures, des réorganisations et les dépenses toujours grandissantes liées à la démographie, aux nouvelles techniques médicales et à une meilleure espérance de vie.

Cela vaut pour les hôpitaux, mais aussi pour plusieurs autres établissements du réseau, comme les CLSC et les centres de soins de longue durée.

Ce qui était, au départ, un service à la population connexe au milieu de la santé s'est converti avec les années en une vache à lait. Les tarifs exigés n'ont bien souvent rien à voir avec les coûts d'exploitation des aires de stationnement; de plus en plus, à Montréal et dans les grands centres, les frais s'alignent avec ceux que commandent le secteur privé. Ainsi, à Montréal, le tarif quotidien atteint régulièrement les 20$. Au nouveau Centre universitaire de santé McGill (CUSM), il franchit même la barrière psychologique des 25$.

Selon des données colligées par le quotidien La Presse, la moyenne québécoise est de 7,78$ par jour. Plusieurs établissements n'exigent rien, comme celui de Buckingham.

Doit-on se scandaliser des tarifs exigés autour de Montréal? Non. Ils reflètent le prix du marché dans une grande ville. De la même manière que les tarifs modestes dans de plus petites communautés, ou même la gratuité, reflète justement l'abondance d'espaces avoisinants. Imposer une politique uniforme - sans parler de tarifs uniques - serait insensé et illusoire.

Faut-il pour autant tolérer une telle enflure inflationniste? Non. Parce que les usagers des stationnements des hôpitaux n'y vont pas par gaieté de coeur. Il s'agit d'une obligation, et plusieurs des malades sont à mobilité réduite et n'ont donc pas le choix de stationner leurs véhicules près des entrées des centres de santé. Pas question pour eux d'arpenter les rues avoisinantes. Et ça, c'est lorsque les municipalités le permettent... car souvent ont-elles agi de connivence avec les institutions de santé pour restreindre le stationnement de proximité. Elles répondent aux souhaits des résidents qui sont las de voir leurs rues occupées par les malades et les visiteurs, et à ceux des dirigeants du réseau qui voient leurs revenus de stationnement augmenter.

Des pistes de solution pour alléger la douleur au portefeuille des malades et leurs familles existent. L'appui familial aidant la guérison, les tarifs devraient être réduits pendant les heures de visite. Pour tous les malades nécessitant des traitements fréquents, une tarification groupée doit être disponible.

Quant au manque à gagner provoqué par une telle modulation des tarifs, les Québécois seront confrontés un jour à l'impossibilité de répondre à toutes les demandes des citoyens vers l'État. Le gouvernement de Philippe Couillard coupe avec force dans bien des services, avec des réactions très négatives dans certains cas.

Aider les malades et leurs familles semble prioritaire et imposera d'autres choix douloureux aux contribuables.

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