Le retour des Nordiques

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Québec a sa place dans la Ligue nationale de hockey ; ce n'est que par un triste concours de circonstances que les Nordiques se sont expatriés au Colorado, en 1995. Cette erreur historique doit être corrigée.

Maintenant que le commissaire Gary Bettman a annoncé le début du processus d'élargissement des cadres de la ligue, la Vieille Capitale a subitement devant elle plusieurs chances de voir le retour de son équipe favorite.

Combien de nouvelles franchises pourraient être octroyées ? La LNH se lassera-t-elle de la saga qui entoure les Coyotes de l'Arizona et permettra-elle enfin son transfert ?

L'une ou l'autre de ces avenues pourrait répondre aux aspirations des amateurs de hockey professionnel de Québec, et à celles de la compagnie Québecor, qui ne cache plus ses intentions à ce chapitre. Tous les moyens seront bons.

Fallait-il croire naïvement que la LNH ne tenterait pas de faire un coup d'argent au passage ? Cela aurait été pécher par naïveté. Le bureau des gouverneurs, qui décide de tout, regroupe tous les propriétaires des clubs et une expansion des cadres signifie une substantielle entrée de fonds inattendue.

La somme de 500 millions $US plane dans l'air pour chaque nouveau club qui serait admis. Cela équivaut à un chèque de 16,5 millions $US pour chaque propriétaire existant. Si deux clubs d'expansion sont considérés, on parle alors de bien plus de 30 millions $US. Sans rien faire de conséquent. Suffit d'accepter un ou deux nouveaux partenaires d'affaires, et lui céder un ou deux joueurs marginaux pour l'aider à démarrer.

La facture de 500 millions $US, que M. Bettman s'est bien gardé de préciser, s'avère exorbitante. Mais la ligue a toujours été gourmande. Lorsque les Sénateurs d'Ottawa sont nés, en 1992, le coût d'entrée de 50 millions $US était supérieur d'un bon 50 % du prix de la plupart des clubs de la LNH. Les gouverneurs ont placé la barre très haute pour voir s'il y avait des preneurs... et il y en a eu deux, à Ottawa et Tampa Bay : cela suffisait. La crédibilité des nouveaux partenaires était surtout basée sur leur acceptation du tarif de 50 millions $US, plus que leurs ressources financières ou la parenté d'esprit avec les autres gouverneurs. Cette cupidité les a rattrapés parce que deux propriétaires successifs à Ottawa ont dû vendre pour des raisons d'argent.

Il n'y a aucun doute que Québecor a les ressources aujourd'hui pour payer plus que ce qu'Ottawa a déboursé pour entrer dans ce club privé. Dix fois plus ? Nous verrons bien. Pour le moment, le signal semble positif.

Par ailleurs, les perspectives d'avenir de la LNH sont meilleures qu'elles ne l'étaient en 1992, lors de la disparition des Nordiques en 1995, ou l'arrivée de quatre nouveaux clubs entre 1998 et 2000, au coût de 80 millions $ (Atlanta, Columbus, Minnesota et Nashville). Avec le plafond salarial, les propriétaires ont mis fin à l'envolée salariale. L'émergence d'Internet et de nouveaux médias permet de nouveaux revenus insoupçonnés auparavant.

La valeur de Québec pour le hockey de la LNH est évidente même pour le premier ministre Stephen Harper. Certes, en cette année électorale, il tient à fidéliser les électeurs québécois qui sont amateurs de hockey, tout particulièrement ceux de Québec et de la région qui lui ont été fidèles depuis 2006. Mais au-delà des considérations partisanes, l'idée a juste bien du bon sens. La LNH doit redonner au Canada, pays nordique, la place qu'il mérite dans le paysage du hockey.

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