Le temps des décisions

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L'été s'amorce à peine mais on anticipe déjà la fureur de l'automne. Canadiens, Québécois et Ontariens auront bien des préoccupations en tête.

Au Québec, la saison des couleurs coïncidera avec la grande contestation que les employés municipaux et de l'État préparent depuis des mois. Au printemps, ils ont refusé d'emboîter le pas aux étudiants des collèges et universités; ils gardaient leurs munitions pour plus tard. Il faudra surveiller cette mobilisation qui, prévoient certains, n'aura d'égal que celle du printemps érable de 2012.

Plusieurs des nombreuses mesures d'austérité imposées par le gouvernement de Philippe Couillard seront alors plus visibles. Il y a eu beaucoup d'annonces depuis huit ou 10 mois mais les conséquences n'étaient pas encore visibles. Les coupures en santé et en éducation deviendront évidentes. En santé, tout le Québec devrait garder un oeil sur le système de santé en Outaouais, la région la plus mal fragilisée et où les réductions devraient avoir les effets les plus perceptibles. Ce sera ici que les Québécois pourront apprécier, probablement avant les autres régions administratives, si les réformes du ministre Gaétan Barrette donnent les résultats escomptés.

En éducation aussi, la perte de services deviendra évidente. Les familles d'enfants avec des besoins spéciaux - qui sont évidemment les plus vulnérables - s'attendent à écoper. Comment le gouvernement Couillard composera-t-il avec la grogne renouvelée de tous ces contribuables qui seront privés de services essentiels pour leurs proches?

En Ontario, la première ministre Kathleen Wynne sera confrontée à son premier grand test de gestion des affaires publiques, et c'est le contrat de travail des enseignants. De tous les niveaux, français et anglais, ils font front commun. Comme les négociations tomberont au point mort, cet été, toutes les parties se reverront au moment du retour en classe, fin août. Les 1,3 million d'élèves en Ontario écoperont à court terme mais ce sont leurs parents - ceux qui ont le droit de vote - qui feront pression ou non sur leurs élus pour régler le conflit.

Mme Wynne a évidemment les mains bien plus liées que ses collègues québécois et fédéraux parce que l'Ontario traîne encore un déficit de 10,9 milliards$. Par chance, elle n'aura pas la perspective d'une élection avant 2018, comme M. Couillard d'ailleurs.

Le clou de l'automne sera l'élection d'un nouveau gouvernement fédéral. Cela fait des décennies qu'on aura eu tant de difficulté à en prévoir le résultat. La grande inconnue s'avère la performance du Nouveau Parti démocratique. Longtemps le troisième en nombre de sièges à la Chambre des communes, il a surgi de nulle part en 2011 avec Jack Layton pour décrocher le titre d'opposition officielle. En relève, Thomas Mulcair a impressionné; non seulement a-t-il maintenu son parti dans l'espace public, il domine les sondages d'opinion depuis des mois. L'élection de la néo-démocrate Rachel Notley en Alberta a insufflé une dose supplémentaire d'énergie au grand frère fédéral.

D'une certaine manière, la force néo-démocrate a barré la route au retour du Parti libéral et de son chef Justin Trudeau dont la jeunesse s'avère un handicap contre ses adversaires plus âgés et plus expérimentés.

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper paraît nettement en perte de vitesse. Plusieurs ministres seniors quittent; son programme ne se limite qu'à «plus de la même chose» alors qu'il était si clair en 2006.

L'automne 2015 apportera des réponses à toutes ces interrogations.

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