La grisaille est finie

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Les dernières années ont été difficiles pour la fonction publique fédérale. Dans les tours à bureau à Ottawa et à Gatineau, c'était la grisaille. Dans une atmosphère de réduction des effectifs de l'État basé sur le mérite plus que l'ancienneté, c'était chacun pour soi.

Menacés de perdre leur emploi, les fonctionnaires se sont collectivement mis en mode « prudence ». L'effet combiné de tout cela s'est fait sentir dans tous les secteurs de l'économie. On arrête d'acheter des maisons parce qu'on ne sait pas si on aura un emploi dans six mois ou un an. On espère que les pneus de l'auto feront une saison de plus, et changer le pare-brise fendu attendra l'année prochaine. Même chose à la maison : la cure de Jouvence du salon, la salle de bain dont l'on rêve, tout cela peut être mis sur la glace.

C'est ainsi que se bâtissent des récessions.

Les leaders politiques envoient des messages d'austérité et des communautés entières sombrent dans une spirale descendante qui commence par la prudence et finit par une crise économique.

Cet amaigrissement de l'État fédéral, ce n'était pas un rêve. Les statistiques sont là pour le démontrer, noir sur blanc. Il y avait 250 000 fonctionnaires lorsque Stephen Harper a formé son premier gouvernement, en janvier 2006. Cela a gonflé à 283 000 en 2010 ; il n'y en a plus que 257 000 en 2014. Ce sont des données du Conseil du Trésor.

Mais est-ce vraiment le cas ?

Et si on avait confondu État fédéral et Ottawa-Gatineau ?

De nouvelles données émanant de l'Enquête sur la population active, par Statistique Canada, peignent un portrait bien plus optimiste.

À Ottawa-Gatineau, 112 800 personnes travaillaient pour le fédéral en 2005. Aujourd'hui, ils sont 123 000.

Du côté d'Ottawa, ils étaient 83 200 en 2005, ils sont maintenant 87 500.

Du côté de Gatineau, ils étaient 29 600 en 2005 ; ils sont maintenant 35 700.

(Au-delà de ces questions démographiques, les observateurs ont traditionnellement été plus intéressés à une statistique beaucoup plus politique. Il s'agit de la proportion d'emplois entre Ottawa et Gatineau, le fameux quotient 75-25 que le fédéral n'a jamais réussi à respecter. Les dernières données de Statistique Canada, datant de 2014, estimaient le ratio à 79,4-20,6.)

Si les emplois du fédéral à Ottawa-Gatineau ont crû de 9 200 à 123 000 en une décennie, comment justifie-t-on alors tout le discours alarmiste que la population locale a enduré pendant cinq ans ?

Comment accepter le fait que les pouvoirs publics ont jeté Ottawa-Gatineau dans les bras d'une récession ?

Oh, il y a bel et bien eu des coupures dans l'administration fédérale. Mais les plus récents chiffres de Statistique Canada indiquent bien que l'emploi au fédéral a redémarré. Et qu'il atteint aujourd'hui des niveaux supérieurs à ce qu'ils étaient avant la grande récession de 2008.

Il est donc temps de réaliser que nous avons définitivement tourné la page sur cette récession et sur la cure d'amaigrissement du fédéral.

Mais voilà, il faut toujours plus de temps pour sortir d'une récession que pour s'y plonger.

Il est temps de reprendre le discours de la croissance et de la prospérité. À l'instar d'un Gilles Desjardins, par exemple, avec son ambitieux mais controversé projet de tours dans le quartier du Musée ; il a sans doute mieux lu le marché que bien des prophètes de malheur. Il est temps de dire de bonnes choses sur l'économie d'Ottawa-Gatineau et se sortir de cette spirale de prudence...

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