Des tarifs justifiés

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Peu de sujets retiennent autant l'attention des citoyens que leurs déchets. L'auteur et humoriste Claude Meunier avait mis le doigt sur un phénomène bien spécial avec l'obsession des poubelles de son personnage de « Popa » dans l'émission La petite vie. Cela explique la réaction presqu'épidermique des citoyens lorsque leur gouvernement local apporte des modifications à l'une ou l'autre des nombreuses facettes de la cueillette des ordures.

Mardi, les élus de la Ville de Gatineau ont discuté de la possibilité d'imposer de nouveaux frais aux contribuables pour les encourager à atteindre les cibles fixées par le gouvernement du Québec. Les réactions ne se sont pas fait attendre.

Cependant, le plan d'action de Gatineau est sage, raisonnable et équilibré. Il n'est même pas ambitieux. Il devrait simplement permettre de respecter les objectifs provinciaux d'ici 2020. Malgré tout, la population grogne lorsqu'il est fait mention d'une hausse de la tarification.

Il y a certainement mention, mais aussi, de mesures qui permettront à tout Gatinois avec un peu de bonne volonté d'éviter toute nouvelle ponction financière. Un simple petit effort est nécessaire. Le contribuable a même le choix de plusieurs avenues. Il peut choisir de consommer moins, ou de consommer des produits avec une plus faible empreinte environnementale, comme ceux qui n'abusent pas de l'emballage. Il peut stimuler la réutilisation de produits en utilisant les nombreux vecteurs de ce domaine, notamment les Éco-centres au Québec, ou les magasins d'articles usagés. Il peut davantage recycler et composter.

Tous ces moyens sont déjà à sa disposition. Il ne suffit qu'un peu plus de bonne foi.

Il est vrai que les voisins des contribuables ne fournissent pas un bon exemple. Les Gatinois génèrent 221 kg de déchets par personne par année, selon des données fournies au comité plénier, dans le cadre de la révision de son Programme de gestion des matières résiduelles pour les années 2016-2020. Cette performance est la troisième meilleure au Québec, derrière Sherbrooke (189 kg) et Lévis (213 kg), mais largement en avance sur les autres principales municipalités, qui ont des moyennes par citoyen de 282 kg (à Québec et Montréal, de 340 kg à Laval, et de 368 kg à Terrebonne !

Que d'autres fassent pire que nous n'est pas une excuse. En fait, il faut regarder ailleurs, en Europe par exemple, pour trouver des sources d'inspiration. Après tout, toutes ces ressources qui, mal utilisées, se retrouvent dans les sites d'enfouissement, elles viennent toute de la même Terre.

Et il y a une part d'incongruité d'entendre les Québécois clamer leur fierté de ne pas avoir une économie basée sur le pétrole comme l'Alberta et la Saskatchewan, au même moment où ils font le comble de leurs poubelles avec des journaux et des magazines, des conserves et du plastique, ainsi que des déchets de table.

Non, les Québécois ne sont pas les champions de l'environnement qu'ils pensent qu'ils sont. Et les Gatinois, s'ils sont moins pires que la plupart des Québécois, ne remporteront pas de titres mondiaux non plus.

Alors il faut faire plus. Et mieux.

La Ville de Gatineau est permissive. Même si ses statistiques ont plafonné depuis quatre ans, ses objectifs de réduction des déchets donnent encore cinq longues années pour que les Gatinois améliorent leurs comportements. Nous ne parlons pas de changements dramatiques, mais de petites améliorations qui suffiront à leur éviter des frais supplémentaires. Nulle raison de paniquer à l'idée de payer 3 $ pour un sac de poubelle : un peu de bonne foi suffira.

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