Un rapport onéreux

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Le rapport du vérificateur général du Canada sur les dépenses des sénateurs aura coûté 23,6 millions $. Il aura permis d'identifier 991 917 $ en dépenses douteuses par 30 sénateurs. Le ratio coût/bénéfice n'est pas fameux mais ça, Michael Ferguson ne pouvait le savoir d'avance.

Cependant, il y a parfois des dépenses que l'on fait pour le principe plus que pour ce que cela rapporte. L'examen approfondi des pratiques des sénateurs avec l'argent des contribuables tombe dans cette colonne.

Il faut se rappeler de l'état d'esprit des Canadiens lorsqu'ont commencé à filtrer les dépenses des sénateurs suspendus Mike Duffy, Pamela Wallin et Patrick Brazeau, et celles du sénateur démissionnaire Mac Harb. En ce sens, il était tout à fait à propos de procéder à un examen complet des dépenses de 116 sénateurs entre le 1er avril 2011 et le 31 mars 2013.

Et le résultat en aura valu la peine.

Les conclusions de M. Ferguson sont cependant moins alarmantes que l'on aurait pu le croire au départ. Trente cas problèmes sur 116, c'est aussi 86 sénateurs au comportement irréprochable. Et c'est peu compte tenu du climat d'impunité qui régnait à la Chambre haute. Quant au 1 million $ conflictuel, il est peu significatif en comparaison avec les finances publiques du Canada.

Des voix, comme celle de Democracy Watch, s'élèvent pour réclamer une enquête équivalente sur les 308 députés de la Chambre des communes. Il y règne une impunité semblable à la Chambre basse.

Mais ils sont trois fois plus nombreux. Ils sont 10 fois plus actifs ; ils retournent tous dans leurs circonscriptions tous les week-ends, où ils participent à des dizaines d'activités communautaires à chaque mois. Il faudrait une armée de vérificateurs pour trier tout cela et déterminer ce qui serait vraiment justifié.

À la place, Michael Ferguson suggère que tous les parlementaires suivent le principe de l'utilisation judicieuse des fonds publics. Il a évidemment raison. Le principe est facile à comprendre ; ceux qui s'enfargent dans les interprétations sont suspects.

Quant à la création d'un organe de surveillance financière, son rapport coût/bénéfice risque d'être aussi désavantageux que l'enquête sur les sénateurs. Les gouvernements doivent y réfléchir à deux fois avant de créer des bureaucraties qui finissent toujours par être lourdes et coûteuses. Dans ce cas, la proposition de M. Ferguson ne nous apparaît pas être essentielle.

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