10 ans plus tard...

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Quel bourbier ! Pouvait-on croire, il y a 10 ans, que Gatineau ferait encore la manchette en 2015 avec l'avenir de l'aréna Robert-Guertin ? Doute-t-on encore qu'on en parlera encore dans trois ans, dans cinq ans ? La fin de sa vie utile, déjà considérée dès 2005, se prolonge tandis que personne ne réussit à finaliser une proposition qui pourrait faire consensus.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a joué le tout pour le tout en explorant une participation du secteur privé avec la firme américaine AEG pour sauver le projet d'un centre multifonctionnel à un coût autour de 75 millions $. Cette avenue était la seule qui aurait permis de ne pas trop alourdir le fardeau des contribuables de Gatineau ; le cul-de-sac dans lequel il se trouve aujourd'hui, il s'y est engagé lui-même. Il en portera l'odieux si rien ne se matérialise d'ici 2017, date annoncée de la démolition du « Vieux Bob » érigé au milieu des années 1950.

M. Pedneaud-Jobin n'a pas voulu diluer le volet « multifonctionnel » d'un nouvel amphithéâtre. Cela aurait permis de réduire la facture mais en aurait en même temps dérobé une partie de son attrait architectural, régional et culturel.

Il a finalement démontré le même entêtement que son prédécesseur Marc Bureau. Ce dernier avait martelé l'option d'un partenariat public-privé - sans aller en appel d'offres - ce que Québec a torpillé, parce qu'il a son mot à dire puisqu'il s'est engagé à verser une subvention de 26 millions $, ce qui devait couvrir environ la moitié de la facture. Puis, M. Bureau s'est lancé dans un nouveau projet d'un centre multifonctionnel outil de revitalisation du centre-ville, un projet mort-né.

Aujourd'hui, la Ville de Gatineau se retrouve le bec à l'eau. Idem pour le club de hockey junior majeur, les Olympiques, le principal locataire.

Ce qui ne signifie pas que le dossier n'a pas progressé toutes ces années.

Jusqu'à tout récemment, de rares voix s'opposaient à l'implication de la Ville de Gatineau dans la construction d'une patinoire pour un locataire du secteur privé. Rappelons-nous que la Ville de Hull a même déjà été propriétaire des Olympiques.

En Outaouais, de plus en plus de contribuables se questionnent aujourd'hui. Pourquoi devraient-ils s'imposer des sacrifices - endurer tant de nids-de-poule, un réseau de bibliothèques déficient, des patinoires désuètes, un réseau de transport en commun incomplet, etc. - pour principalement accommoder un club de la LHJMQ ? Pourquoi Gatineau devrait-elle suivre la voie de Québec, qui se partage moitié-moitié la facture de 400 millions $ de son nouveau Colisée ? Pourquoi ne pas faire comme Montréal où le Canadien s'est payé son propre Centre Bell ?

Nous le voyons, une participation du secteur privé semble maintenant essentielle. Peut-être même qu'un investisseur - ou un partenariat, incluant ou non les Olympiques - prendra le relais tout seul. Voilà à quoi s'activera l'ex-ministre Norman MacMillan, également gouverneur du club. S'il joue bien ses cartes et active ses réseaux au sein du gouvernement libéral, il pourrait même compter sur les 26 millions $ de Québec. À moins que Maxime Pedneaud-Jobin ne puisse s'approprier la somme pour rénover/reconstruire ses vieilles patinoires municipales...

L'intérêt des contribuables a pris le dessus sur ceux des Olympiques de Gatineau. Nous sommes dans une nouvelle époque. La future patinoire devrait être bâtie sur des terrains privés, probablement dans le secteur Gatineau. Près du transport en commun pour éviter la gaffe du Centre Canadian Tire en lointaine banlieue. Voilà où résident les intérêts des Gatinois aujourd'hui. La tergiversation de la dernière décennie n'aura peut-être pas été vaine...

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer