Ouverture

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Gilles Desjardins ne manque pas d'audace. Devant un tel cran, le moins que l'on puisse faire est d'entendre le fondateur de la société immobilière Brigil jusqu'au bout.

Comme il faut entendre les gens de la communauté, environnante ou plus éloignée, ainsi que les élus de Gatineau qui les représentent.

M. Desjardins vient de déposer le plus ambitieux projet résidentiel de l'histoire de l'Outaouais. Son rêve est de construire deux immenses tours situées en face du Musée canadien de l'histoire, dans le quadrilatère formé par les rues Laurier et Notre-Dame-de-l'Île, et Papineau et Élisabeth-Bruyère.

La première, de 55 étages, serait voisine du Collège Saint-Joseph, et incluerait des commerces, un hôtel de 200 chambres, 300 condominiums, et un observatoire. La seconde, de 35 étages, est située là où fut une station-service, puis une clinique médicale.

M. Desjardins se dit prêt à assumer la facture de 400 millions $. Il ne requiert aucune contribution publique; ultimement, il n'y a que la mise à niveau des services publics qui serait au coût des contribuables, mais ils seraient largement gagnants si le projet génère les 8 millions $ d'impôts fonciers annuels qui sont prévus.

On s'en doute, il y a un hic. Les plans d'aménagement urbain n'ont jamais prévu de telles constructions en hauteur. Le zonage actuel ne permet que des constructions de six étages. 

Mais à proximité, plusieurs tours existent déjà, comme l'édifice Port de Plaisance (17 étages), et Le Viu, qui en fait 18. Pas très loin, les édifices fédéraux font jusqu'à 30 étages.

Avec 55 étages et 200 mètres de hauteur, le projet Brigil est nettement plus ambitieux.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin dit sagement attendre une consultation publique prévue le 15 juin avant de se prononcer. La conseillère du quartier, Denise Laferrière, elle, s'est déjà rangée derrière M. Desjardins.

De telles constructions ne s'érigent pas sans bouleverser les environs. Les résidents de la rue Notre-Dame-de-l'Île, notamment, seront les plus touchés par la circulation accrue, l'ensoleillement réduit. Dans leur cas, Brigil pourrait - ou devrait - étudier de racheter la dizaine de propriétés concernées.

Par contre, si Gatineau veut densifier son centre-ville comme elle le dit depuis plusieurs années, elle s'aperçoit que la densification a un prix, souvent celui de la gentrification. Les maisons sont rénovées, leurs habitants longuement installés sont écartés par les prix qui leur deviennent inaccessibles. Ce n'est pas inévitable, mais c'est devenu commun.

Ces tours Brigil accéléraient ce phénomène.

Jusqu'ici, M. Desjardins fait les choses comme il faut, sans se presser. Les élus et la population se braquent lorsqu'ils sont placés dans un cul-de-sac, avec des projets à prendre ou à laisser, à décider tout de suite. Il faut laisser du temps au temps, et l'unanimité est impossible, l'acceptabilité sociale d'un projet exige le plus large consensus possible, ce que Brigil tente de bâtir.

Peu d'entrepreneurs démontrent le courage de Gilles Desjardins, surtout en ces temps d'incertitude économique, où les bons emplois se font plus rares. Ceci n'est pas le rêve d'un «fly-by-night» qui vient écumer les profits, mais d'un promoteur local qui a toujours cru en la région, et qui démontre ici qu'il y croit encore pour bien des années encore.

Il mérite toute notre attention, et notre ouverture alors que les cruciales étapes de démarrage entrent dans une nouvelle phase.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer