Un même combat

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À l'automne, le Québec et l'Ontario ont convenu de travailler étroitement sur quatre dossiers: les échanges économiques entre elles, l'approvisionnement en électricité, les changements climatiques et la Francophonie.

Cela sert entre autres à illustrer tout le chemin accompli depuis 1964. À ce moment-là, la Francophonie n'existait pas, les changements climatiques étaient un concept étranger, le Québec se forgeait son potentiel hydro-électrique.

Il n'y a que les échanges entre les deux économies du centre du Canada qui sont toujours de mise. Combinés, le Québec et l'Ontario constituent encore quelque 60% du pouvoir économique du pays, et 60% de sa population. L'Ouest prenant plus de place, ce 60% s'avère bien moins qu'avant mais cette force économique conjointe demeure cruciale pour la prospérité de l'Ontario et du Québec, et du Canada tout entier.

Pourquoi 1964? Ce moment dans l'histoire était la dernière fois qu'un premier ministre du Québec avait pris la parole devant les élus de Queen's Park. Il aura fallu attendre plus de 50 ans avant que l'occasion ne présente une nouvelle fois. À sa manière, M. Couillard faisait l'histoire et son propos, fortement ancré dans le passé mais très actuel à la fois, laissait transparaître le chef d'État qu'il n'a que trop peu incarné depuis son élection. Occupé à imposer une cure minceur à l'État québécois pour vite éliminer son déficit, il aura fallu qu'il voyage à Toronto pour actualiser son potentiel de politicien qui peut être visionnaire.

Philippe Couillard a fait une large place à l'environnement dans son propos. C'était de mise car l'Ontario a convenu d'adopter, à l'instar du Québec et de la Californie, le mécanisme d'une bourse du carbone afin de limiter l'érosion environnementale. Il rappelle aussi qu'en telle matière, il est possible de contrer l'immobilisme du gouvernement conservateur à Ottawa pour lequel lutte aux changements climatiques s'oppose à développement économique. «Un faux choix», qualifie M. Couillard.

Partenaires antérieurs même à la Confédération canadienne, voisins partageant un fleuve, de nombreuses infrastructures et de vastes territoires nordiques qu'ils veulent tous deux exploiter - l'un avec son Plan Nord, l'autre avec son Cercle de feu -, le Québec et l'Ontario ont bien plus en commun qu'il n'en paraît à première vue.

Malheureusement, les deux soutirent aujourd'hui de la péréquation canadienne, alors qu'historiquement, l'Ontario y contribuait. Souhaitons que ce n'est qu'un éphémère signe des temps... et que même le Québec puisse un jour se libérer de ce joug économique.

Les deux provinces sont des partenaires au sein de la Francophonie. Le Québec membre à part entière (comme le Nouveau-Brunswick), l'Ontario à titre d'observateur. M. Couillard n'a pas encouragé sa vis-à-vis Kathleen Wynne à faire un pas de plus au sein de ce forum, ou pour l'encourager à prendre l'initiative de reconnaître le caractère bilingue d'Ottawa. Ces deux suggestions auraient été bienvenues, particulièrement en cette année qui célèbre les 400 ans de présence francophone en Ontario. Les 610 Franco-Ontariens de souche et d'adoption lui en auraient été reconnaissants. Il ne faudrait pas qu'ils attendent 50 autres années... car les forces de l'assimilation sont à l'oeuvre et qui sait combien ils seront en 2065?

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