Y a-t-il un pilote dans le train?

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Cela fera bientôt cinq ans que l'avenir du train touristique de l'Outaouais est perturbé. Chaque annonce redonnait espoir que l'antique train à vapeur mette ses soucis derrière lui et redémarre.

Le rêve est revenu chez plusieurs avec une autre annonce, cette semaine. Cette fois, le «p'tit train» quitterait le corridor Hull-Chelsea-Wakefield pour arpenter la Petite-Nation; il est aujourd'hui question d'un train touristique entre les villages de Montebello et Plaisance, à défaut de se rendre jusqu'à Masson.

Malheureusement, chacun des plus récents plans sont tout autant grevés d'incertitude dans ce joyau touristique de l'Outaouais qu'il ne l'était entre Gatineau et Wakefield.

L'avenir du tracé populaire dans les années 2000 est parti avec les pluies diluviennes et les affaissements de terrain. Pour redémarrer le P'tit train de Wakefield, il aurait fallu investir plus de 13 millions $ pour solidifier les sols affaiblis. Sans de telles ressources, la Compagnie du chemin de fer de l'Outaouais (CCFO) s'est tournée vers Québec, sans succès.

Devant cette déception, plusieurs intervenants ont exploré diverses solutions pour pérenniser le train touristique en Outaouais. Chacun des scénarios étudiés, incluant le plus récent qui relierait Montebello et Plaisance, comporte sa part de gros risques et d'incertitude. Nous n'en sortons pas.

En raison de règles gouvernementales et non pas à cause de sa vétusté, la locomotive à vapeur ne peut rouler à plus de 24 km/h. Cela limite son rayon d'action. Les touristes préfèrent les activités courtes, intenses, de moins d'une journée. La région a perdu des gares historiques; l'attrait de la route ou de la destination est mitigé. L'ancien exploitant du train, André Groulx, estime que Wakefield n'exerçait plus la même attraction qu'au départ. Malgré leur beauté, les chutes Plaisance captiveraient-elles des touristes potentiels? Viendra-t-on de Toronto, New York, Montréal pour les voir? Y a-t-il suffisamment de touristes autour de Montebello pour rentabiliser un train touristique?

La préfète de la MRC Papineau, Paulette Lalande, y croit. Elle jure que le secteur privé embarquera. C'est à souhaiter. Car les contribuables ont déjà mis beaucoup d'argent dans l'aventure du train touristique, via la Ville de Gatineau, le ministère du Tourisme, les agences de développement économique, etc.

Québec a refusé d'en investir davantage après le dernier échec de 2011. Pourquoi accepterait-il de le faire cette fois, avec des finances publiques sous pression?

Pendant 18 ans, le train à vapeur a fait le bonheur des excursionnistes en Outaouais. Il en a inspiré d'autres au Québec: l'Orford Express en Estrie, celui de Charlevoix et récemment, L'Amiral, en Gaspésie. Aucun ne roule présentement. Il y a peut-être là un message que les touristes se sont lassés de ce type de randonnée.

Il y a certainement un message que la prudence est de mise avec l'argent des contribuables pour de tels projets.

La CCFO a multiplié les efforts pour que le train touristique réussisse. Il a tout donné. Sa persévérance a parfois débordé sur de l'acharnement. Aujourd'hui, plusieurs indices pointent vers la fin.

Si le secteur privé y voit une occasion, qu'il aille de l'avant. Souhaitons que la preuve puisse être faite dans la Petite-Nation. Malgré ses attraits, le train touristique a peut-être fait son temps.

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