Où est le leadership?

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Six joueurs des Olympiques de Gatineau doivent respirer plus d'aise depuis 48 heures. Depuis qu'ils ont appris que la police de Gatineau ne déposerait aucune accusation à la suite des événements douteux du 21 février 2015.

Mais ce n'est pas parce qu'après enquête, les autorités n'ont pas estimé les gestes comme étant de nature criminelle qu'ils devraient pour autant être oubliés, balayés sous le tapis, pardonnés. Ce n'est pas parce qu'aucun crime n'a été commis, selon la police, que tout ce qui est survenu dans les toilettes du restaurant Boston Pizza, ce vendredi soir-là, était moralement acceptable. Personne ne devrait passer l'éponge aussi facilement. Toutes les personnes, toutes les parties impliquées de près ou de loin devraient se demander s'ils ont agi correctement dans cette affaire. Et se demander ce qu'ils feraient si la situation devait se reproduire...

Les jeunes hockeyeurs doivent réaliser qu'à titre d'athlètes appartenant à une organisation, à une ligue, à un sport, ils sont tenus à un code de conduite plus contraignant que des gens de leur âge. Il faut être indulgents avec ceux qui sont d'âge mineur. Nos règles en société de droits nous enseignent qu'ils ont davantage droit à un pardon en raison d'une maturité encore en formation. Tous méritaient quand même de se faire chauffer les oreilles pour s'être comportés comme... des soldats des Forces armées canadiennes. L'ex-juge de la Cour suprême, Marie Deschamps, a montré à tous combien il était intolérable de traiter ses semblables comme des morceaux de viande. L'armée canadienne a un gros travail d'éducation à faire auprès de ses troupes. Le message est passé de façon directe, aux yeux de tous, et les dirigeants sont jugés sur la place publique pour leur tolérance tacite de gestes qu'ils ne pouvaient pas ne pas avoir vus à un moment ou l'autre de leur carrière.

Nous verrons bien la suite de cette affaire dans les Forces armées.

Pas certain que nous verrons la suite de l'affaire des Olympiques au Boston Pizza...

L'équipe de hockey n'a pas dit grand-chose, et absolument rien quant aux conséquences de ces gestes inacceptables, à défaut d'être criminels. Les Olympiques de Gatineau auraient pu se servir du triste événement pour faire de l'éducation dans leur vestiaire. Peut-être l'entraîneur Benoît Groulx l'a-t-il fait, ou le propriétaire Alain Sear. Le silence dans lequel ils se sont terrés permet toutes les hypothèses de l'inaction.

Idem pour la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Elle se targue de la valeur de ses programmes de formation uniques au Canada. Mais encore là, l'absence de tout leadership dans le dossier, lorsqu'il est survenu et depuis, laisse croire que le club et la LHJMQ étaient soucieux d'enterrer l'affaire à la veille des séries éliminatoires.

En guise de comparaison, soulignons que Slava Voynov, des Kings de Los Angeles, a promptement été suspendu par la Ligne nationale de hockey aussitôt que des allégations de violence conjugale ont été portées contre lui par son épouse, en octobre dernier. Aucun contact n'a été permis tout le temps de l'enquête policière, qui a pris un mois. La suspension se poursuit toujours, en attente de son procès, même si la victime a plaidé pour la clémence de la cour.

Certes, ce qui s'est passé n'est d'aucune mesure comparable à ce qui est arrivé à Gatineau. Mais en attendant de faire la lumière, les conséquences s'appliquaient déjà avec force. Et gageons que les Kings et la LNH se serviront de ce drame pour sensibiliser les athlètes, pour éviter tout dérapage comme le subissent le baseball majeur et la Ligue nationale de football.

Et à Gatineau?

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