Trop cher

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Viendra-t-on un jour à bout de dénouer l'impasse d'un nouvel amphithéâtre pour Gatineau ? Cela n'en a pas l'air.

Hier, le conseil municipal devait prendre publiquement connaissance des dernières nouvelles de ce centre multifonctionnel qui doit remplacer l'aréna Robert-Guertin. Enfin le public allait savoir ce qui en retourne.

Mais avant-même la présentation prévue, le maire Maxime Pedneaud-Jobin a jeté un pavé dans la mare du débat public en révélant que son bureau avait engagé des discussions « avec un partenaire privé crédible » et que cette proposition « non sollicitée » pourrait modifier « le cadre financier pour la Ville ».

Autrement dit : avant de vous révéler tous les montants des appels d'offre et de répondre aux questions des élus, le maire court-circuitait le processus. À quoi bon scruter le dossier du centre multifonctionnel si les chiffres pourraient changer dans une semaine ou deux ?

Drôle de manière de fonctionner.

Peut-être le maire Pedneaud-Jobin n'a-t-il pas choisi que les événements se déroulent ainsi. Justement parce que son bureau a reçu cette offre « non sollicitée » que LeDroit croit être celle du groupe AEG, dans lequel est impliqué l'ex-joueur des Olympiques de Gatineau Luc Robitaille.

N'empêche que les contribuables ont de quoi perdre leur latin dans ce dossier. Cela fait maintenant 10 ans que l'avenir de l'aréna Guertin fait l'objet de discussions au plus haut niveau à la Ville de Gatineau, d'abord sous Yves Ducharme, puis pendant huit années sous Marc Bureau, et maintenant depuis 18 mois avec Maxime Pedneaud-Jobin. Chaque étape clef qui devrait marquer un déblocage longuement espéré aboutit plutôt en queue de poisson inattendu. Les premiers gestes du maire Pedneaud-Jobin dans ce qu'il est convenu aujourd'hui de qualifier de saga devaient marquer le début des travaux. Les contribuables gatinois se sont plutôt retrouvés avec un processus court-circuité, à l'annonce que les appels d'offres seraient déchirés et revus en profondeur pour dégager des économies. Et le comble... le dossier était refilé à l'UPAC, l'Unité permanente anti-collusion en raison de soupçons de malversations. Rien n'en est (encore) sorti de concret.

Hier, les Gatinois sont venus à la conclusion que la dernière année a été gaspillée presqu'en pure perte. Une année s'est écoulée et les Olympiques - le premier locataire de l'amphithéâtre - ne sont pas plus près d'une pelletée de terre, et encore moins d'une mise au jeu officielle.

Depuis un an, la position du quotidien LeDroit n'a pas changé. Le volet multifonctionnel du projet doit être révisé à la baisse. Les retombées économiques découlant d'événements culturels n'est pas basé sur une argumentation solide, ni accompagné de solides prévisions budgétaires. Au risque de nous répéter, les contribuables s'attendaient à une nouvelle patinoire pour leur club de hockey junior, pas un édifice à tout faire.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a repris le refrain de son prédécesseur qui s'était laissé convaincre que tant qu'à refaire l'aréna Guertin à neuf, il fallait profiter de l'occasion pour doter Gatineau d'une infrastructure multi-usages qui agirait du même coup comme moteur de rénovation urbaine. Même si ce n'est pas ce que les contribuables ont souhaité.

Hier, il a été démontré noir sur blanc que vu de la gauche ou de la droite, le centre multifonctionnel ne coûterait pas moins de 70 millions $. Comme la contribution de 26,5 millions $ de Québec ne risque pas d'être majorée par un gouvernement Couillard obsédé par l'idée de réduire ses dépenses, ce sont presque 50 millions $ que les Gatinois devraient sortir de leurs poches. C'est trop.

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