Le poids du français

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Il n'y a pas de raison de trop s'inquiéter de la baisse de poids démographique des francophones à Gatineau: la loi 101 fera son oeuvre. Mais à Ottawa...

À Ottawa, la loi québécoise qui force l'éducation en français des nouveaux arrivants n'a évidemment aucun effet. Et dans la capitale, l'effritement progressif du poids des Franco-ontariens - en pourcentage, pas en nombre absolu - est source d'inquiétude.

Le poids relatif des Francos est passé de 19,2 % en 1981, à 15,0 % en 2011. Les anglophones sont passés de 70,3 % à 63,7 % - une baisse plus marquée que chez les francophones. Mais ils n'ont rien à craindre des 21,3 % d'«autres langues» qui composent la population de la capitale; 185 000 allophones se joindront à eux dans moins d'une génération.

Ces chiffres ne peuvent être remis en cause. Ils sont comme l'évangile de la Bible. Ils sortent tout droit du recensement de 2011 de Statistique Canada, et ont été colligés à la demande du Commissariat aux langues officielles. Ce dernier se refuse de donner trop d'importance aux pourcentages. De fait, l'étude met en garde et invite «à la prudence dans l'évaluation des tendances». Mais ce sont des paroles de fonctionnaire-statisticien. Évidemment que les tendances ont leur importance. Et elles sont limpides. On peut ergoter sur les chiffres précis mais la direction que prend la communauté francophone à Ottawa est limpide, et c'est vers le bas. 

Nous ne partageons pas le pessimisme du fier Franco-ontarien Jacques de Courville Nicol qui estimait, dans les pages du Ottawa Citizen, mercredi, qu'Ottawa est en voie «de devenir une ville unilingue». 

Ce cri d'alarme va trop loin. Au rythme où vont les choses, si rien n'est fait, en 2050, les Franco-ontariens représenteront à peine plus de 10 % de la population d'Ottawa. Mais unilingue? Il faudrait encore un bon siècle d'inaction pour que cela se produise.

Et les Franco-ontariens ont démontré dans le passé, comme dans la sauvegarde de l'hôpital Montfort, qu'ils ne baisseront pas les bras. 

S'il y a un effet à court ou moyen terme auprès des francophones, c'est qu'ils devraient reprendre avec une vigueur renouvelée leurs efforts afin qu'Ottawa soit officiellement déclarée bilingue. Pendant qu'ils représentent encore une part substantielle de l'électorat...

Par ailleurs, Marie-France Kenny a livré un appel troublant la semaine dernière, pendant ses dernières interventions à titre de présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne. Elle craint qu'hors du Québec, les francophones du Canada ne disparaissent «à petit feu», ce qu'ils ont évidemment commencé à faire. Elle protestait contre la disparition de mesures d'appui à l'immigration de langue française au pays. Voilà l'une des planches de salut des communautés francophones, et cela vaut tant pour Ottawa que pour Regina, Kingston, Calgary et Vancouver.

Le ministre mise sur un nouveau programme d'appui à l'immigration francophone, Entrée express. Un autre avantage significatif, a été liquidé avec les problèmes du Programme de travailleurs temporaires. L'un comme l'autre ont donné des résultats. Les agents de service extérieur peuvent faire davantage pour vanter les attraits des communautés francophones minoritaires. 

Chris Alexander, le ministre de Citoyenneté et Immigration Canada, soutenait que le fédéral a un objectif de 4 % d'immigrants francophones. 

Quatre? C'est 20 % qu'il faudrait pour inverser la tendance démographique à Ottawa! Au moins 10 % dans le reste du pays! Pourquoi cette timidité? L'érosion de la population francophone ferait-elle l'affaire des gouvernements?

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