Renaissance

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La plus importante fête chrétienne de l'année célèbre la renaissance du Christ et pour bien des gens de l'hémisphère nord, la renaissance de la nature.

Évidemment, comme d'autres fêtes religieuses, la sécularisation du monde au xxie siècle dérobe à ces moments charnières de la vie un peu de leur sens spirituel.

Noël s'est métamorphosée en occasion de cadeaux alors que tant de gens dans notre société se préoccupent davantage de questions matérielles qu'immatérielles. De la même manière la fête de Pâques a été capturée par le chocolat. L'oeuf symbolisant cette renaissance du fils de Dieu a été peint, célébré, reproduit ou mis sur un piédestal ou simplement offert en nourriture après un long Carême d'abstinence. 

Aujourd'hui, la privation volontaire n'est plus pratiquée que par une minorité mais c'est avec un appétit vorace que les gens se réunissent à table autour d'oeufs et autres représentations enfantines en chocolat férocement poussés par des commerçants voulant profiter de l'occasion.

Certains diront que toute cette marchandisation a trop évacué les signes de spiritualité à l'occasion de Pâques. Ce n'est pas tout à fait vrai. Dans bien des familles, la volonté de se réunir est encore bien ancrée. Pour plusieurs, ce sera une première occasion depuis le temps des Fêtes, alors que la prochaine revoyure ne pourrait bien n'avoir lieu qu'à l'été, ou plus loin encore.

Évidemment, cela vaut pour ceux qui ont le bonheur d'avoir encore des familles autour d'eux. Le Canada compte encore quelque 10 millions de familles, qui représentent presque 30 millions de citoyens. Ils sont réunis au sein de familles au sens le plus large: mariage «traditionnel», de personnes du même sexe, unions civiles ou libres, ou autres conventions de cohabitation.

Parallèlement, il y a environ 4 millions de Canadiens qui vivent seuls, par choix ou non. Nous sous-estimons le phénomène d'une société plus seule que jamais. Cela ne signifie pas que tous sont sans familles qu'ils peuvent visiter à leur guise - en fait, la plupart en ont. Mais il y a des centaines de milliers de Canadiens pour lesquels les réunions familiales à Pâques ou à d'autres occasions ne sont plus qu'un lointain souvenir. Nous comptons dans le lot trop de personnes âgées que leurs proches ont déserté pour diverses raisons. Trop de personnes seules à la suite d'une séparation, d'un divorce. Trop de gens qui n'ont même pas connu la vie à deux, peu importe le motif. Il ne faut pas les oublier.

Pâques, occasion de renaissance, peut ainsi être un moment de retrouvailles. Des retrouvailles ne sont pas toujours heureuses; elles sont parfois rappels de conflits. Les blessures ne sont pas nécessairement guéries, les cicatrices du passé sont parfois bien profondes. Mais la douleur des meurtrissures, même les plus douloureuses, finit généralement par s'estomper. Voilà un sens de la renaissance, si on veut bien lui donner la chance d'éclore.

Depuis des siècles, Pâques a été avant tout cette fête religieuse célébrée par l'Église. Et le pape François qui dirige la chrétienté aujourd'hui marque aussi à sa façon une certaine renaissance. En deux courtes années, il a séduit par son approche humaine, simple. Cela ne signifie pas que la pratique religieuse au Canada ait connu une poussée soudaine; dans le fond, cela importe peu. Ce qui doit nous réjouir avant tout, c'est que renaisse le message fondamental d'amour, de tolérance et d'accueil. Ce sont ces valeurs dont a cruellement besoin notre société moderne tourmentée par la perte de sens et par la division sous toutes ses formes, religieuses, idéologiques, économiques.

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