La nouvelle biblio

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La Ville d'Ottawa a amorcé cette semaine une première consultation sur l'avenir de sa bibliothèque centrale, située à l'angle des rues Laurier et Metcalfe. Environ 180 citoyens se sont donné la peine de se déplacer, une drabe soirée de mars, pour donner leur point de vue ; cela est un témoignage de l'intérêt de la population pour ses infrastructures communes.

Si certains claironnent la fin prochaine du livre imprimé et le passage à une culture entièrement informatisée, certains exemples pointent dans d'autres directions. Et Ottawa ferait bien de regarder du côté de Montréal pour apprécier certains des atouts que la Grande bibliothèque du Québec y a mis à la disposition des usagers. Des usagers qui sont deux fois plus nombreux que les estimés ne prévoyaient à son ouverture en 2005 : elle accueille plus de 3 millions de visiteurs par année et elle est vite devenue un lieu de rencontre confortable et accueillant.

Il s'agit là d'une nouvelle réalité dans le monde des bibliothèques : elles ne sont plus qu'un endroit où l'on consulte et emprunte des livres, avec des étages et des étages de rangées de hautes tablettes pour aligner des documents poussiéreux. La bibliothèque du XXIe siècle est de moins en moins un entrepôt de stockage et de plus en plus un théâtre d'échanges, un espace de confluence qui ne doit plus être statique mais actif et ouvert.

On ne trouve pas plus statique et figé dans le sol que la présente bibliothèque centrale, un monument érigé en 1971 alors que le béton régnait en maître. Dire qu'il est totalement dépassé relève de l'évidence simpliste.

Mais que faire de l'idée d'une nouvelle bibliothèque centrale ? Voilà la question à laquelle les Ottaviens sont conviés, et sur laquelle ils ont démontré un intérêt certain.

À l'étude au départ : trois scénarios, tels qu'énoncés par la firme Ajon Moriyama Architect. Une rénovation sommaire à 40 millions $, une rénovation plus complète à 50 millions $, et une reconstruction complète à 70 millions $.

En 2015, le débat est élargi à l'idée d'une nouvelle construction qui pourrait être ailleurs que sur le site Laurier-Metcalfe. En agissant de la sorte, il faut aller jusqu'à se poser la question de l'espace nécessaire. Est-ce que les 81 000 pieds de la présente bibliothèque sont suffisants ? (Probablement pas parce qu'elle en loue déjà 6 000 de plus dans un édifice voisin.) Combien alors ? 108 000, comme celle d'Halifax qui vient d'ouvrir, pour un coût de 58 millions $? 240 000 comme le projet de construction à Calgary, pour un coût de 245 millions $?

Halifax compte la moitié de la population d'Ottawa, qui en a 200 000 de moins que Calgary.

Est-ce que 130 000 pieds carrés, un chiffre contesté, répondraient à la demande, sans couper la poire en deux entre Halifax et Calgary ?

Enfin, la question qui passionnera les contribuables : qui paiera pour tout ça ? Y a-t-il des moyens de réduire l'impact fiscal de ce nouvel ajout ? Est-ce qu'un partenariat public-privé est possible, souhaitable, essentiel ?

Nous le voyons bien : plus la porte s'ouvre, plus les questions abondent.

Le constat de base demeure que la présente bibliothèque centrale ne répond plus aux besoins de la ville qu'est devenue Ottawa. Qu'il est temps d'aller de l'avant. Une première tentative de réflexion, en 2007, a coûté 250 000 $ aux contribuables et cela n'a rien donné. Il ne faut pas se retrouver dans un autre cul-de-sac. 

La consultation qui s'amorce n'est qu'une étape préliminaire d'un processus qui prendra des années (pensez au train léger, au parc Lansdowne, à l'aréna Robert-Guertin). Il est crucial que la population s'implique afin que la ville d'Ottawa démarre du bon pied. Sinon, le chemin sera tortueux, voire sans issue.

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