Pas comme 2012

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Le Québec ne s'enligne pas sur un autre printemps érable comme en 2012. Ce qui est une bonne chose. Une société ne peut vivre de si profonds bouleversements à tous les cinq ou même 10 ans. Cela laisse de trop profondes cicatrices et elles mettent trop de temps à guérir. Nous commençons à peine à mettre 2012 derrière nous...

Le printemps érable 2015 n'aura probablement pas lieu car plusieurs éléments qui s'étaient mis en place il y a trois ans sont absents, ou pas présents au même niveau. Plusieurs variables devraient changer pour que 2012 revienne - et aucun signe ne laisse entrevoir cela.

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) n'est pas sur les rangs. C'était celle que Martine Desjardins dirigeait à l'époque. Elle-même, dans un blogue publié dans le Journal de Montréal hier, qualifiait le mouvement étudiant de 2015 de « précipité ». 

Mme Desjardins, qui a été candidate du Parti québécois l'an dernier, estime que deux raisons justifient son qualificatif : l'absence des syndicats de travailleurs et « le peu d'informations sur les objectifs et la finalité de la grève ». Elle rappelle que la FEUQ et ses collègues de la Fédération collégiale et de l'ASSÉ (Association pour une solidarité syndicale-étudiants) avaient passé deux ans à mobiliser les forces étudiantes derrière la lutte contre l'augmentation des frais de scolarité universitaires.

Le gouvernement de Jean Charest avait tenté d'imposer une importante hausse, même si elle était répartie sur quelques années.

Ce motif touchait les étudiants (et leurs familles) directement dans le portefeuille. Ils ont réussi à créer une coalition qui allait au-delà du mouvement étudiant, réunissant des enseignants, des syndicats et des milliers de sympathisants à travers le Québec. Tous sortaient dans la rue pour protester contre un gouvernement qui était de toute évidence usé entre autres par huit années de pouvoir parfois distant et des soupçons de corruption que commençaient à révéler la commission Charbonneau.

Autour des symboliques carrés rouges et au son des casseroles prolétaires s'est coalisé un vaste mouvement de protestation citoyenne dont l'ampleur a fait le tour du monde.

Gatineau n'avait pas fait exception. Ce printemps, le mouvement étudiant s'est déclaré une semaine avant que l'Université du Québec en Outaouais ne tienne son vote.

Le gouvernement, aujourd'hui dirigé par Philippe Couillard, sent d'ailleurs fort bien que les éléments de 2012 ne sont pas réunis cette année. Et cela n'a rien à voir avec le climat qui fait que l'hiver empiète sur un printemps qui tarde à arriver.

Les grands syndicats ne peuvent déclarer une grève tout de suite : elle serait illégale et les pénalités dans ce cas sont énormes. Ils ne pourront le faire avant l'automne. En attendant, ils se limitent à un appui moral.

Après deux jours de grève principalement à Montréal, le nouveau ministre de l'Éducation, François Blais, n'a pas hésité longtemps avant de laisser planer la ligne dure. Après deux jours à peine de manifestations à peu près toutes concentrées à Montréal, il a menacé d'annuler la session des étudiants grévistes.

Pourtant, le régime d'austérité imposé par le gouvernement libéral est difficile à digérer. Dans les institutions d'enseignement, le système de santé, dans le monde municipal, les travailleurs ont beaucoup de raisons de descendre dans la rue.

Il faut espérer que le budget que Québec doit déposer, demain, apportera quelques bonnes nouvelles qui feront baisser la pression...

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