M. Galipeau au défi!

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le député Royal Galipeau souhaite ardemment que la Ville d'Ottawa devienne officiellement bilingue. C'est tout à son honneur. Sur cette question pour laquelle la communauté francophone locale se bat depuis 18 mois, quelques-uns de ses collègues préfèrent demeurer muets.

Au moins le représentant d'Ottawa-Orléans à la Chambre des communes a le courage d'appuyer cette idée. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'il montre qu'il n'a pas la langue dans sa poche.

Député au fédéral, M. Galipeau souligne que la question relève justement de la province de l'Ontario et il exhorte cette dernière d'agir.

De fait, la Ville d'Ottawa, comme toutes les municipalités, est régie par une loi provinciale et si Ottawa doit être déclarée officiellement bilingue, cela doit passer par un amendement de cette loi à Queen's Park.

Jusqu'ici, le thème d'Ottawa, ville bilingue a des airs de patate chaude que trop de politiciens tentent d'éviter. L'un des seuls qui a pris le taureau par les cornes est le maire d'Ottawa, Jim Watson... pour s'y opposer. Il martèle que la capitale n'en a pas besoin et que la politique de «bilinguisme pratique» suffit. Il refuse d'aller plus loin, malgré les appels répétés à faire davantage par de nombreux ténors de la communauté, rejoints par une kyrielle d'organisations locales, provinciales et nationales. 

Le gouvernement libéral de l'Ontario, pourtant favorable à plusieurs initiatives des Franco-Ontariens, fait la sourde oreille. La première ministre Kathleen Wynne a repris le refrain de son prédécesseur Dalton McGuinty en pelletant la question dans la cour de la Ville d'Ottawa. Queen's Park n'agira que si la Ville en fait la demande expresse, et ne veut pas prendre de leadership pour ne pas imposer, faut-il supposer, une politique à la Ville.

Pourtant, il semble y exister un large consensus en faveur d'Ottawa, ville bilingue, au sein de la communauté francophone locale.

Malheureusement, elle n'a pas su ni pu convaincre leurs voisins anglophones de la valeur de cette doléance. Il s'agit là d'un défi qui devra être relevé si le Canada doit compter sur une capitale bilingue lors du 150e anniversaire de la Confédération, en 2017.

Et c'est là que M. Galipeau devrait aller plus loin que ses sages paroles et passer aux actes.

Si, comme simple député fédéral, son champ d'action est limité sur cette question provinciale, Royal Galipeau peut et doit aller plus loin tant en paroles qu'en actes. Il pourrait se faire un champion de cette cause auprès du caucus conservateur régional. Il pourrait convaincre son chef, le premier ministre Stephen Harper, qu'il est illogique que la capitale d'un pays bilingue comme le Canada demeure unilingue. Surtout qu'elle compte presque 20% de francophones en son sein, et que près de la moitié des résidants d'Ottawa maîtrisent le français. Les langues officielles constituent un atout pour le pays, et une majorité de Canadiens y souscrivent, même chez les unilingues.

Le fédéral dispose de divers moyens pour convaincre à la fois la Ville d'Ottawa et la province de l'Ontario qu'une reconnaissance du statut bilingue de la capitale est souhaitable. À commencer par le pouvoir de persuasion. M. Harper peut influencer, s'il est encouragé en ce sens.

Quant à la perspective d'élections fédérales à l'automne, elle ne devrait pas inviter à l'inaction. Le gouvernement conservateur à Ottawa a de fortes chances d'être réélu et le travail de conviction et de suivi des dossiers ne doit pas cesser en cette année électorale. Si les conservateurs gardent le pouvoir, le dossier se poursuit; si d'autres forment le gouvernement, la campagne Ottawa, ville bilingue sera juste mieux rodée.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer