Sans conséquence?

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Droit

Aujourd'hui, cela fera une semaine que des joueurs des Olympiques de Gatineau se sont livrés à des gestes de nature sexuelle hautement répréhensibles dans un restaurant du secteur du Plateau. Le silence qui entoure cette triste histoire en double la gravité.

Aucun des joueurs n'a livré d'acte de contrition. L'entraîneur Benoît Groulx se tait. Le propriétaire majoritaire Alain Sear s'est limité à un bref communiqué, il y a cinq jours. La Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) n'a rien à ajouter.

Oh, c'est vrai : il ne faut pas mettre en péril la course pour une place en séries éliminatoires que livre l'équipe locale. Les chapitres d'une remontée historique sont peut-être en train de s'écrire. Il reste encore des billets à vendre, des joueurs et des dirigeants sont peut-être en train de se forger une carrière professionnelle. Des partenaires d'affaires ont aussi tout intérêt à balayer cette histoire sous le tapis pour ne pas être éclaboussés.

Et puis, ce n'est certainement pas le moment de tout ébranler ça pour une histoire d'une femme éméchée mais consentante qui s'est livrée à quelques gâteries sexuelles avec des joueurs de hockey tout aussi ravis d'avoir rencontré une partenaire pour réaliser un fantasme masculin.

Voilà ce que certains aimeraient bien nous faire croire.

Pourtant, cinq jours après que l'affaire se soit ébruitée, certains faits demeurent obscurs et plusieurs questions subsistent encore.

L'identité de la femme demeure un mystère. Ce n'est pas tant qu'il faille nourrir la curiosité populaire en dévoilant son identité et tenter de lui soutirer quelques commentaires. Tirons d'abord une chose au clair : le consentement d'une personne éméchée ne peut justifier quelque geste que ce soit par la suite. Tout débat sur le fait qu'elle était un peu, moyennement ou beaucoup consentante, qu'elle prenait même l'initiative, tout cela doit être balayé sous le tapis. Et si elle choisit de taire son identité et ne pas porter plainte aux autorités, c'est son choix.

La société a évolué. Il y a quelques décennies, le mot d'ordre pour les activités « parascolaires » des athlètes était : si cela n'a pas d'impact sur sa performance, c'est de ses affaires. Tant que la police n'est pas mêlée (pensez à Guy Lafleur et sa collision en mars 1981) et qu'il n'y a aucun épisode de violence, personne ne s'en occupe.

Aujourd'hui, les moeurs ont changé. Au-delà de ce qui est illégal, les personnalités publiques - et pas que les athlètes - sont tenues à avoir un comportement digne en tout temps. C'est une lourde responsabilité sur les épaules de ces jeunes hommes. Les clubs et la LHJMQ ont fait des pas de géant pour mieux outiller leurs porte-couleurs mais il reste encore un bon travail de sensibilisation à faire car la leçon n'a pas été apprise. Il est tard, mais il est encore temps pour la direction des Olympiques et de la LHJMQ de sérieusement réfléchir à suspendre les coupables de cette sombre étourderie, même s'ils ne font face à aucune accusation criminelle.

Car l'inverse, les laisser jouer en fin de semaine et jusqu'à la fin de la saison sans la moindre pénalité équivaut à cautionner tout ce qui s'est passé. Et ce n'est certainement pas la voie à suivre.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer