Le cas Bolduc

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Empêtré avec une autre de ses déclarations maladroites, Yves Bolduc n'a plus qu'un seul choix devant lui: il doit reconnaître qu'il manque de sens politique, remettre sa démission et retourner à la pratique médicale qu'il semble encore affectionner.

Il sera ainsi plus utile à la société québécoise qu'en s'entêtant à poursuivre dans une voie dans laquelle il n'a de toute évidence pas toutes les qualités nécessaires.

Sa plus récente déclaration sur les fouilles à nu dans les écoles secondaires illustre bien les lacunes de M. Bolduc. Ce n'est pas tant les mots qui ont été prononcés: «Il est permis de faire des fouilles à nu [mais] à une seule condition, il faut que ça soit très respectueux.» Ni la légalité de la chose: la Cour suprême a statué favorablement à ce sujet.

C'est simplement qu'il n'a pas su prévoir que la simple expression «fouille à nu» dans le cas de mineurs dans une école agirait comme un paratonnerre. Les Québécois ont réalisé, justement ou non, ce que cela voulait dire et ont été proprement scandalisés. En entendant cela, ils ont poussé un énorme «Quoi?» collectif. Parce que c'est la réaction naturelle à avoir. Les parents québécois confient leurs enfants au système scolaire pour qu'ils reçoivent une éducation de qualité dans un cadre sécuritaire. Les autorités scolaires sont confrontées à d'inévitables problèmes de discipline; fouiller des élèves soupçonnés de crimes punissables par la loi ne devrait pas se faire par les dirigeants de l'école mais par la police. Et de façon «très respectueuse», comme le dit le ministre.

Nous ne parlons pas ici de fouilles à nu comme on voit dans les prisons. À ce niveau, les dirigeantes de l'école secondaire Neufchâtel, à Québec, avaient su garder leurs distances. Mais l'expression fouille à nu, peu importe comment elle est appliquée, fait réagir. Ça, le ministre Bolduc n'avait pas compris. Lui, il s'est limité à la légalité de la chose.

C'est ce que l'on appelle manquer de sens politique. Ça ne s'apprend pas. On l'a ou on ne l'a pas. Malgré son intelligence brute de médecin, Yves Bolduc est sous-équipé dans ce domaine.

Ce n'est pas en imposant un bâillon sur tous les membres du cabinet que le premier ministre Philippe Couillard préviendra les bourdes de M. Bolduc, qui les accumule à un rythme constant.

Non, Yves Bolduc est devenu un des centres d'attention de ce gouvernement, pour toutes les mauvaises raisons. Il plombe l'équipe libérale. Il ne reste qu'une solution, et c'est son départ du monde politique.

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