Une idée utile

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Les libéraux ont fait leurs quelques idées de la Coalition avenir Québec. La réforme des commissions scolaires et celle des Agences de santé sont les plus récentes et évidentes. Celle d'un directeur parlementaire du budget devrait aussi faire l'objet d'un « vol » par le gouvernement de Philippe Couillard.

Au Québec, chaque changement de gouvernement s'accompagne des cris subséquents du nouveau ministre des Finances qui découvre - oh surprise ! - que la situation financière est bien pire qu'anticipée.

Quand le Parti québécois a pris le pouvoir en 1994, Jacques Parizeau a accusé les libéraux qui l'ont précédé d'avoir embelli les finances publiques de 2 milliards $. Le déficit était de 5,9 milliards $ au lieu de 3,9 milliards $.

Quand les libéraux ont repris le pouvoir en 2003, ils ont accusé le gouvernement péquiste de Bernard Landry d'avoir laissé un trou de 4,3 milliards $.

Et le printemps dernier, l'administration de Pauline Marois jonglait avec un déficit de 1,75 milliard $, mais quand les libéraux ont surpris en reprenant le pouvoir, le passif avait grimpé à 5,6 milliards $... «si rien n'était fait ».

Noircir ses prédécesseurs pour leur supposée mauvaise gestion est devenue une habitude. Triste. Et nuisible pour notre démocratie parce que les électeurs en viennent à croire que tous les partis sont pareils, ont recours aux mêmes trucs électoraux, etc.

C'est justement là que la fonction d'un directeur parlementaire du budget prend tout son sens.

Dans le projet de loi que le député François Bonnardel a déposé au nom de la CAQ, hier, la tâche principale d'un directeur parlementaire du budget serait de « dresser, de façon indépendante, un portrait objectif de l'état des finances publiques et des prévisions budgétaires du Québec pour chaque trimestre de l'année financière ».

M. Bonnardel avait déjà lancé l'idée en 2012, peu après l'élection du gouvernement de Mme Marois. Sans succès.

Mais la CAQ doit persister à créer cette idée utile pour le Québec.

Le quotidien LeDroit est bien placé pour apprécier le travail d'un Directeur parlementaire du budget depuis que le fédéral en a un depuis 2006. Cela faisait partie des engagements de Stephen Harper dans la foulée du scandale des commandites. Il soufflait un vent d'imputabilité sur le pays et c'est ainsi qu'est née la Loi fédérale sur la responsabilité, et le bureau du directeur parlementaire du budget.

Dans un pays grand et complexe comme le Canada, cette nouvelle bureaucratie s'avère une aubaine. Elle ne compte qu'une vingtaine d'employés, et coûte moins de 3 millions $. D'autres pays en ont un, dont les États-Unis et le Royaume-Uni.

Les Canadiens en ont déjà eu pour leur argent. Le directeur parlementaire du budget - Kevin Page alors, Jean-Denis Fréchette aujourd'hui - a taillé en pièces les estimations financières des conservateurs dans le dossier de l'acquisition de chasseurs F-35. Et quand ils ont voulu modifier le Régime des rentes du Canada, le directeur parlementaire du budget a prouvé noir sur blanc que les prévisions sombres du gouvernement étaient faussées.

À bien y penser, voilà peut-être bien la raison pour laquelle péquistes et libéraux se traînent les pieds devant les pressions de créer un tel superviseur des finances publiques : à Ottawa, Stephen Harper a toutes les raisons de regretter son geste de 2006... et Philippe Couillard a pris des notes.

N'empêche que ce serait une très bonne idée. Parce que les finances publiques n'appartiennent pas au gouvernement du jour, mais à tous les contribuables.

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