Tirer des leçons

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La petite communauté de L'Isle-Verte, à l'est de Québec, a vécu une effroyable tragédie, le 23 janvier 2014 : 32 de ses aînés ont péri dans l'incendie qui a ravagé la résidence du Havre. Les flammes se sont déclarées au milieu de la nuit, il faisait un froid glacial et un an plus tard, le rapport du commissaire aux incendies Cyrille Delâge a fait la lumière les événements et sur la responsabilité de chacun.

Certains constats sont sévères et touchent principalement les mesures de prévention d'incendie dans l'édifice et la formation des pompiers volontaires.

En ce sens, le rapport rendu public, hier, sera d'intérêt pour tous les intervenants des services d'urgence, et tous les gestionnaires de résidences pour aînés. Pas juste au Québec mais partout au pays et même au-delà, bien que les recommandations et nouvelles pratiques proposées n'auront force de loi que dans la Belle Province.

Nous habitons sur un très vaste territoire est les populations sont réparties dans des chapelets de petites villes et villages qui ne disposent pas des ressources physiques des grandes agglomérations. Parce que ces communautés sont isolées et exigent de plus longs temps d'intervention, il apparaît plus important qu'ailleurs que les résidences de personnes âgées répondent à des normes de sécurité rehaussées.

Cependant, ce beau principe se heurte avec l'implacable réalité de la vétusté de certaines résidences, du fait qu'elles ont fait l'objet de conversions à partir de constructions qui n'étaient pas conçues pour devenir des foyers pour des personnes à l'autonomie variable. C'est le cas de la résidence du Havre, à L'Isle-Verte, un bâtiment à deux corps dont un plus récent, qui répondait aux normes récentes de construction, et une plus âgée.

Le coroner a rappelé l'importance des gicleurs qui permettent de ralentir la propagation du feu, à défaut de l'éteindre. Québec devra accélérer leur installation, même dans les vieilles bâtisses. M. Delâge consent qu'il faudra aider les propriétaires. Le gouvernement pourrait-il l'inclure dans un programme d'infrastructures ? Peut-il appuyer le financement ? Après tout, ces travaux créeraient de l'emploi partout à travers le Québec, ce ne serait pas de l'argent jeté par les fenêtres.

À la lumière du rapport, il faut se demander si le personnel dans les résidences est suffisant, et bien formé. Il n'y avait qu'un seul préposé en devoir, cette triste nuit à L'Isle-Verte.

Mais Québec doit garder en tête que trop serrer la vis de ces petits exploitants risque de faire grimper les coûts pour les aînés les plus fragiles économiquement. Ce n'est pas tout le monde qui habite une tour moderne des Résidences Soleil !

(Rappelons quand même que plusieurs résidences pour aînés seraient malgré tout exemptes de la réglementation de la Régie du bâtiment, celles d'au plus huit logements sur un seul étage, et les unifamiliales d'au plus neuf résidents autonomes où le propriétaire habite.)

L'autre grande conclusion du coroner Delâge concerne la formation des pompiers à temps partiel, et elle concerne évidemment tous ceux de l'Outaouais. Il suggère la fin de la clause « grand-père » qui permettait à de nombreux pompiers volontaires d'éviter de se tenir à jour au plan de la formation. Comme dans le cas des résidences, une période d'ajustement est proposée.

Pour le reste, la tragédie du 23 janvier 2014 semble avoir résulté de l'effet composé de plusieurs facteurs qui, pris isolément, auraient été sans conséquence. Conjugués, ils ont provoqué une calamité dont tous les Québécois se souviendront. Il reste à apprendre de cette triste leçon qui aura coûté 32 vies humaines.

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