Un cadeau empoisonné

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L'arrivée de la députée transfuge Eve Adams dans les rangs libéraux ne sera pas le joli cadeau que Justin Trudeau laisse entendre ou espère. Elle pourrait même provoquer une épidémie de maux de tête au Parti libéral fédéral.

Depuis un an, la députée de Mississauga-Brampton-Sud a trop souvent défrayé les manchettes pour les mauvaises raisons pour être considérée un atout politique. On a su qu'elle a réclamé de douteuses dépenses de manucure à titre de dépenses « électorales ». Elle s'est querellée avec un garagiste d'Ottawa pour un lavage d'auto de 6 $ (le tout sur vidéo) - mauvaise apparence pour une élue qui empoche 163 700 $ par an.

Mais surtout, elle s'est retrouvée au coeur d'une longue bataille pour la nomination conservatrice dans la nouvelle circonscription d'Oakville-Nord-Burlington, voisine de celle qu'elle représente depuis 2011 sous la bannière du Parti conservateur. Elle a tenté de ravir la place d'une militante locale dans Oakville-Nord-Burlington, aidée en ce sens par son « fiancé » et ex-porte-parole de Stephen Harper, Dimitri Soudas. Il est encore plus controversé qu'elle et n'a laissé personne indifférent dans toutes ses fonctions passées. Des accusations de magouille électorale lui ont valu de perdre son poste au sein du parti, tandis que Mme Adams se retrouvait dans les limbes politiques.

Hier matin, voilà que M. Trudeau l'accueille chez les libéraux, pour une circonscription ontarienne qui reste à être déterminée.

Le Parti libéral du Canada a dit vouloir enfin mettre un holà au parachutage de candidats vedettes. L'arrivée de Mme Adams semble aller à l'encontre de ces nouvelles moeurs électorales bienvenues. Si même devrait-on lui reconnaître le statut de « vedette » - ce qu'elle n'est pas - pour les mauvaises raisons.

Il ne suffit pas d'être une femme blonde dont la jeunesse tranche avec la classe politique traditionnelle pour s'inscrire dans un mouvement de renouveau politique.

Encore moins si elle arrive avec Dimitri Soudas dans ses bagages. La perspective nourrissait les rumeurs sur la Colline parlementaire, hier.

Ce couple incarnait l'hyperpartisanerie qui ternit la politique. Le passage d'Eve Adams dans le camp libéral pue cette fois l'opportunisme, une autre plaie dans les partis. Elle qui vantait le programme conservateur jusqu'à tout récemment, voilà qu'elle accuse Stephen Harper (sans le nommer) de « leadership mesquin ». Elle qui est devenue députée en vendant le fractionnement des revenus pour les couples canadiens, voilà qu'elle en a tout oublié en tombant en admiration devant le leadership « inspirant », « généreux » et « fort » (?) de Justin Trudeau.

Ce transfert rappelle évidemment celui d'une autre conservatrice, Belinda Stronach, en 2005. Son geste avait permis au gouvernement minoritaire de Paul Martin de survivre quelques mois de plus. Dans les deux cas, ça ne devrait pas trop avoir de conséquences.

Justin Trudeau n'a qu'un bienfait dans cette histoire : il se servira d'Eve Adams pour montrer que des conservateurs peuvent faire le saut vers les libéraux, dans l'espoir que d'autres électeurs suivront cet exemple.

Stephen Harper, lui, se dira simplement : bon débarras.

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