Ottawa, nid terroriste?

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Trois Ottaviens de plus font face à des accusations reliées à des activités terroristes. Cela nourrit les soupçons de certains à l'effet qu'il y aurait une cellule djihadiste dans la région de la capitale.

Hier, la Gendarmerie royale du Canada a procédé à l'arrestation d'Aswo Peshdary, âgé de 25 ans. Il aurait contribué à recruter Khadar Khalib et John Maguire à la cause de l'État islamique. De fait, ces deux font maintenant l'objet de mandats d'arrêt via Interpol car ils seraient au Proche Orient. Des rapports médiatiques ont même fait état de la mort de Maguire, mais la GRC n'en a aucune confirmation.

Khalib aurait habité à Ottawa et Calgary, où il aurait fréquenté une école francophone, avant de s'inscrire au collège Algonquin. Quant à Maguire, originalement de Kemptville, il était étudiant en administration à l'Université d'Ottawa. Les deux auraient été présents auprès des associations musulmanes de leurs institutions post-secondaires.

Ce sombre trio d'accusations, qui n'ont évidemment pas été prouvées devant une cour de justice, s'ajoute à celles tombées le mois dernier et qui concernaient les frères jumeaux Carlos et Ashton Larmond, qui ont habité à Vanier. Ils sont allés à l'école secondaire Rideau, sur le boulevard Saint-Laurent. Ils font face à des accusations de complot terroriste, ainsi qu'un de leurs «amis», Suliman Mohamed. Ce dernier, qui aurait habité à Ottawa et dans le secteur Aylmer - où il fréquentait l'école secondaire anglophone D'Arcy McGee - aurait lui aussi vécu une conversion vers une forme plus radicale de la religion musulmane.

Six jeunes d'Ottawa, cela suffit-il pour parler d'une cellule djihadiste? Il semble bien. Pour le reste, ces identités et toutes les allégations qui les concernent soulèvent davantage de questions qu'ils ne fournissent de réponse. Et tous se perdent en conjectures sur ce qui pourrait bien contaminer l'eau d'Ottawa pour qu'elle stimule autant de rapides conversions intégristes. Calgary se pose la même question, et d'autres villes du monde aussi.

Tout cela survient bel et bien à Ottawa, longtemps reconnue comme une ville si tranquille qu'elle en était ennuyante. Qu'on roulait les trottoirs la fin de semaine tellement rien ne s'y passait une fois que la vie parlementaire s'éteignait et que les députés retournaient dans leurs circonscriptions le week-end. Cela a longtemps été vrai. Mais ce n'est plus le cas. Ottawa et Gatineau, sa voisine, sont ensemble devenues la quatrième agglomération en importance au Canada et son économie s'est considérablement diversifiée depuis trois ou quatre décennies.

Mais du même coup, Ottawa réalise depuis le 11 septembre 2001 qu'il y a un fardeau et un prix à être une capitale. Toutes ces ambassades sont autant d'aimants pour les protestataires, ainsi que la Colline parlementaire. Nous ne réalisons que depuis tout récemment combien une capitale peut être vulnérable; il a fallu l'attaque de Michael Zehaf-Bibeau sur le parlement pour que les autorités mettent fin au quadruple système policier sur la Colline: un pour le Sénat, un pour la Chambre des communes, la GRC et la police d'Ottawa (les deux premiers disparaîtront pour s'intégrer dans le troisième).

Au même moment, Ottawa s'est ouverte à l'immigration et nous le réalisons aujourd'hui, fait face aux problèmes d'intégration des nouvelles communautés. Cinq des six prévenus des dernières semaines en sont issus.

De toutes ces interrogations et ces constats, aucune certitude n'émerge. Autre que celle que le monde a bien changé, pas toujours pour le mieux, et Ottawa n'y a pas échappé. Alors pourquoi ces cellules terroristes dans la capitale? En aurons-nous même la réponse un jour?

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